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Entre 300 et 500 millions de nos francs : c’est la rançon qui aurait été payée par l’organisation humanitaire dirigée par le fils du Frère Guide de la Révolution libyenne pour obtenir la libération des otages maliens qui étaient entre les mains de l’Alliance Touareg Nord-Mali pour le changement depuis sept mois.

L’Agence France-Presse, citée par notre confrère Libération dans son édition d’hier, a affirmé que c’est entre trois cents et cinq cents millions de F CFA qui ont été donnés comme rançon à Bahanga pour la libération des otages qu’il détenait depuis août 2007.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, à son retour de Gao, le samedi 8 mars où il était parti chercher les otages, avait vivement salué dans son message de remerciement, le Frère Guide pour son « action fraternelle », tout en précisant que rien n’a été déboursé comme argent pour la libération des otages. Faudrait-il comprendre par « action fraternelle », le paiement de cette rançon ?

Toujours est-il que les autorités n’ont ni infirmé ni confirmé qu’une rançon avait été payée à Bahanga et à sa bande. Cependant, quelques indices laissent croire qu’il en a été ainsi. Le premier est que la Libye, désormais partie prenante et incontournable dans la crise au Nord, tient à rester aux côtés du Mali, voire à y exercer une certaine influence à travers ses apports financiers.

Trois cents ou cinq cents millions de F CFA sont bien peu à côté des 6 millions d’euros que la Libye a payés par passager dans l’affaire de Lockerbie. Le contexte est différent, mais cette somme ne grève point le budget de la Libye, une puissance pétrolière d’Afrique.

L’autre indice nous est fourni par la situation que vivent les deux Autrichiens enlevés en Tunisie. « L’Algérie a canalisé les ravisseurs vers la Libye et le Mali où les possibilités de négociation avec les autorités autrichiennes pour une libération seraient grandes ».

En août 2003, les otages allemands avaient été libérés à Kidal après le versement par Berlin d’une rançon de 5 millions d’euros, apprend-on de sources occidentales. Une information qui avait été pourtant toujours démentie.

Mais plus que le paiement de rançon, c’est l’implantation au Nord d’une base d’Al-Qaïda qui est à redouter. L’éloignement de ce spectre passe nécessairement par la résolution du conflit touareg.

Denis Koné

13 mars 2008.