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Aux assises du Nord, ce sont les mêmes rebelles du MUJAO, du MNLA, du HCUA/Ansardine qui représentaient les citoyens du Nord- Mali. C’est la même démarche qui continue. De la même manière dont la France, premier soutien de la rébellion du Nord, n’accorde aucune importance aux populations sédentaires du Nord, c’est la même démarche qui continue du côté du gouvernement.

Pour satisfaire les Touaregs et leurs parents de couleur, l’ancien président, ATT n’a rien trouvé que d’éclater des régions et cercles du Nord- Mali pour les satisfaire en élus et au détriment des sédentaires qui représentent la majorité dans ces régions. Le seul désert de Kidal devient une région avec cinq (5) députés. Et c’est la même politique qui continue.

Le président ATT et le président IBK ont tous un point commun du côté de leur douce moitié, parentes à ses peaux blanches. Vraiment, ces dirigeants politiques maliens, de la «démocratie» ont un certain complexe qu’il faut dénoncer avec vigueur et acharnement. Nous avons le même maire d’Andreboukane (Ménaka) qui avait déclaré sur les antennes de RFI qu’il a quitté le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA après la débâcle de ce dernier avec le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qu’il rejoint le HCUA (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad).

Les mêmes élus de Ansardine qui ont crée le HCUA, sont aujourd’hui, candidats RPM pour la députation aux élections législatives du 24 novembre 2013. Mais l’impunité n’est pas seulement au Nord du Mali, elle est aussi au Sud du Mali. Nous avons suivi à partir de la presse malienne sur le web, une conférence animée par le ministre Ousmane Oumarou Sidibé et le chercheur honoraire du CNRS, M. Alain Bourgeot, que ces dernières années, ce sont de milliers de gens qui ont intégré la fonction publique malienne sans passer par la voie du concours.

Les ministres, qui ont fait cette salle besogne, dorment tranquillement. Même M. Mamadou Namory Traoré, qui a lutté contre le système, a été débouté par la Cour Suprême. Au lieu de démissionner, il avait continué dans le gouvernement de transition avec un autre portefeuille différent de la Fonction publique.

Aujourd’hui, il est conseiller spécial du Premier ministre, M. Oumar T. Ly. Nous lui rappelons, l’exemple de M. Jean Pierre Chevènement, ancien ministre du président François Mitterrand, qui avait démissionné en pleine guerre du Golfe. Voici des hommes qui respectent leur honneur, leur dignité, leurs principes.

L’avocat des plaignants est aujourd’hui, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux du président IBK. Nous lui rappelons que le brillant avocat, Maître Demba Diallo (paix à son âme), avait refusé de défendre M. Sidiki Konaté, prestidigitateur et criminel aux Cours d’assises de Gao en 1971. Ils sont différents de la souillure politique africaine.

Mais, nos juges doivent se poser la question, pourquoi, aujourd’hui, les citoyens se font justice au lieu d’amener les voleurs de moto Jakarta et autres objets devant les tribunaux.

Posez aussi la question aux enseignants de la FSJP (faculté des sciences juridiques et politiques), qui après deux mois de cours valident, une année universitaire qui s’étale sur neuf mois. Pourtant, à la suite de deux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration de Bamako, sur des milliers de candidats, on n’arrive pas à avoir cent (100) passants avec au moins 10 de moyenne (nombre qu’on demande). Comme ils n’ont pas honte, il semble qu’ils sont nés avant la honte. C’est ça, le salaire de la trahison.

Les Maliens doivent compter sur leurs propres forces d’abord et ensuite l’aide de leurs amis viendra en appoint. Aucun pays ne peut se développer dans l’autarcie mais il y a des aides qui sont des poisons. L’exemple de la première République est là. Les hommes de cette République ont compté sur leurs propres efforts et leur honnêteté dans la bonne gestion des finances publiques.

La première bataille des Maliens, c’est la lutte contre la pandémie des vingt trois dernières années de mauvaise politique. Cette pandémie s’appelle le «SIDA politique» de l’ADEMA et de ses virions qui sont nés après son passage sur le territoire malien en 1990 avec la «fameuse ouverture démocratique». Ses virions sont : l’URD, le RPM, l’ASMA et tous les affiliés qui constituent le FDR.

Du 04 septembre 2013, date d’investiture du président IBK par la Cour suprême du Mali, aucun changement n’a été perçu. Ce sont les mêmes têtes. Et Kidal est toujours occupé par les rebelles du MNLA et leurs protégés français.

Le président IBK n’avait pas compris la déclaration de l’ancien président burundais, le général Pierre Buyoya, représentant de l’Union africaine (UA) sur le dossier, Nord- Mali quand il disait que le problème n’est pas Kati mais le vrai problème se trouve à Kidal. Pierre Buyoya est un grand général et il avait assumé ses responsabilités dans le coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir et il avait accepté de se retirer. Et le président IBK annonçait à Dakar devant ses pairs africains de la CEDEAO ou de l’UEMOA, que «la situation de Kidal est inacceptable». C’est pour nous endormir.
Les problèmes du Nord- Mali viennent de commencer avec la plate-forme MNLA-HCUA-MAA.

Le Mouvement Arabe de l’Awazad (MAA) s’est désolidarisé des mouvements des forces de résistance, composés de sédentaires, donc des Noirs. L’histoire a donné raison à ceux qui disaient «MNLA, MUJAO, HCUA, Ansardine, MAA» sont les mêmes. Ils viennent d’annoncer que d’ici jeudi, 14 novembre, ils vont libérer les locaux du gouvernorat et de l’ORTM de Kidal.

Pour nous, c’est le MLNA qui occupait les locaux, mais comme ils sont les mêmes, ils ont fait une déclaration commune de leur intention de quitter. C’est vraiment du racisme et les pays occidentaux qui se disent partenaires du Mali ne sont pas étrangers à cela. Ils se fatiguent, eux et leurs protégés. La main de Dieu est toujours là et Dieu ne suit jamais le mensonge. Dieu est du côté de la vérité. C’est le MNLA qui est à la base de ça, mais la France ne le reconnaîtra jamais.

M. Hollande a dépassé une ligne qu’il ne doit pas franchir. Pour l’élection présidentielle du 28 juillet 2013, il avait fixé une date dont l’ordre est vraiment colonial et militaire aux autorités de la transition. Cette fois-ci, il donne ordre au gouvernement malien de faire une enquête sur la mort des deux journalistes français. Mais, le Mali n’est pas à Kidal. C’est bel et bien la France et son enfant, le MNLA qui sont à Kidal. Mais, comme nos grand- pères sont les Gaulois, le président IBK a obligation de présenter quelque chose à la France. Il doit aussi apporter une réponse qu’il faut.

Sous l’ère de l’empereur Jean Bedel Bokassa de Centrafrique, son ministre des Finances avait écrit devant sa villa «la tanière du lion».Un informateur avait apporté la nouvelle à l’empereur et qui avait ordonné d’arrêter ce ministre. Le soldat qui l’avait arrêté, avait torturé ce ministre en le soumettant à une inanition sévère. Il ne restait que ses os et il en est mort. Ce soldat a été interpellé lors du jugement de Bokassa en 1986 et le juge l’avait demandé, pourquoi, il a fait ça. Il avait répondu au juge, que dès que le chef leur ordonne de faire quelque chose, avec le ton, seulement, ils savent ce qu’ils doivent faire.

Les sédentaires doivent comprendre que le nombre est très important. Ce sont eux les consommateurs des produits de ces deux régions. Même s’il faut passer par une souscription financière des populations, cela est une nécessité qui s’impose.

A part le président Modibo Keïta, tous ceux qui l’ont succédé, ont eu à les piétiner au profit des minorités qui ne sont pas des misérables parce qu’elles ont des soutiens extérieurs et intérieurs.
Sédentaires du Nord-Mali, prenez votre destin en main, il en va de notre existence ou de sa disparition.

Yacouba Aliou, Bamako

12 Novembre 2013