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L’armée malienne est entrée dans une nouvelle phase dans la lutte contre les islamistes et la sécurisation des villes reconquise. C’est une intense opération de déminage et de recherche d’engins explosifs qui est en cours dans les localités de Diabaly, Léré, Konna, Douentza, Gossi, Ménaka et Gao. Plus au nord, les forces maliennes sont à Tessalit où elles contrôlent un aéroport stratégique et le camp militaire de la ville.

jpg_une-1532.jpgAu nord, la situation opérationnelle se résume aujourd’hui à la réorganisation des forces sur l’ensemble du territoire, la montée en puissance de certains équipements. «Nous sommes complètement dans une guerre asymétrique, très différente des guerres classiques. L’ennemi a pris plusieurs modes d’actions dans son évolution», explique le capitaine Modibo Nama Traoré, journaliste militaire à la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA).

Entre Gao [position avancée de l’armée malienne, Ndlr] et Kidal, il peut y avoir beaucoup de choses : les mines et des groupes islamistes», s’inquiète le directeur de ladite structure, le Lieutenant-colonel Souleymane Maïga. Les forces maliennes sont engagées en ce moment pour la sécurisation et la stabilisation des zones reprises. Parmi celles-ci, on peut citer Diabaly, Léré, Konna, Douentza, Gossi, Ménaka, Gao, etc. Au sein de ces villes, les patrouilles sont très courantes. Selon les responsables de la DIRPA, une compagnie du génie de la force serval (armée française) effectue des actions de déminage dans le secteur de Gao. Des opérations de recherche de terroristes infiltrés dans ladite ville sont également en cours. Ces opérations, selon le capitaine Traoré, ont abouti à la récupération d’un important lot de matériels remplissant trois camions bennes.

Zone rouge

Dans les zones reconquises, «… il y a une pollution inquiétante en munitions non explosées et en engins explosifs abandonnés par l’ennemi. Le degré de pollution est estimé à 75 %», selon le Colonel Boubacar Diallo, sous directeur du génie armes, chargé des opérations militaires, qui alerte : «Nous invitons la population à la vigilance face à ce danger». A Diabaly, s’inquiète-t-il, la population vaque à ses occupations au milieu des restes d’engins de guerre : des roquettes, des obus d’artillerie. L’extraction nécessiterait «trois à quatre grosses semaines de travail de spécialistes», selon le colonel Diallo, tout en précisant qu’il y a le risque que certains de ces engins survivent à cette opération de déminage d’envergure.

Les forces françaises, tchadiennes ainsi qu’un détachement de l’armée malienne contrôlent l’aéroport et le camp de Tessalit, et par extrapolation ladite ville située dans l’extrême nord-est du Mali. La capitale régionale, Kidal, est occupée par les seuls français et tchadien. Face à l’inquiétude grandissante au sein de la population sur cette situation consécutive à une déclaration du MNLA, relayée par les médias occidentaux, visant à «interdire l’accès de la ville à l’armée malienne», le directeur de la DIRPA reste catégorique : «Kidal n’est pas une zone rouge pour nous. Seulement, nous sommes en train de nous organiser». Selon lui, il ne serait pas pertinent d’aller jusqu’à Kidal alors que des zones comme Gossi ou Gao ne sont pas encore sécuriser.

Entretemps, la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) se constitue progressivement. L’effectif total des forces sénégalaises (500 soldats), renforcé par une compagnie de 150 hommes de la Guinée Conakry est arrivé à Bamako. Ce qui constitue une réserve pour cette force dont 56 % (soit plus de 5000 militaires) du contingent sont au Mali.

Seydou Coulibaly

Le 15 Février 2013

© AFRIBONE