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Tous les jours qui passent, le MNLA ne fait que confirmer tout le mal qu’on pense et dit de lui. Comme s’il prenait un malin plaisir à narguer tout le monde, y compris la France, notre sauveur, qui s’est mué, au fil du temps, en véritable parrain du mouvement sécessionniste.

Au nombre des derniers actes posés dans la longue liste des exactions commises par celui-ci figurent en bonne place la chasse ouverte aux Noirs à Kidal, l’arrestation et l’emprisonnement de paisibles citoyens, sous le prétexte fallacieux qu’ils seraient des espions au service de Bamako et les sévices commis sur des membres de la communauté arabe à Tessalit, Aguelhock et Anefis, où de paisibles commerçants se sont vus dépouillés de leurs biens par les bandits armés du MNLA.
Ce faisant, ils viennent de démontrer une fois de plus, comme nous l’avions déjà écrit dans de précédents articles, qu’ils ne constituent ni plus ni moins qu’une force de désordre et de destruction. Ils ne portent aucun projet politique pour le Nord du Mali, si ce n’est que celui d’en faire un espace de non droit, où ils pourront se livrer impunément à des activités d’économie souterraine, comme les trafics illicites de drogue, d’êtres humains et d’armes.

Face à l’accumulation de ces actes crapuleux, on n’a jamais entendu, pas à un seul moment, un haut responsable français rappeler à l’ordre ferme les Pieds nickelés de l’Adrar des Ifoghas. Une attitude d’autant plus surprenante que les bandits du MNLA ne représentent qu’eux-mêmes. La défense des intérêts de la communauté touareg, leur prétexte, n’est en réalité que le cadet de leurs soucis.
Ils se sont en fait rendus coupables des actes les plus odieux: destruction d’infrastructures étatiques, pillage de banques, viols de femmes et de jeunes filles… Last but not least, les abominables crimes d’Aguelhock les ont vus assassiner froidement plus d’une centaine de jeunes soldats, à court de munitions. Parmi ces victimes se trouvaient des Touareg bon teint, qui avaient pris le parti de demeurer républicains, en restant sous le drapeau malien, et envers qui ils se sont montrés cruels, et particulièrement inhumains, en les égorgeant et en les éviscérant, comme des «traitres».

N’oublions jamais que c’est le MNLA, par qui toute la crise malienne est arrivée, qui a servi de porte-avions – de Cheval de Troie dirons certains – aux narco-jihadistes d’AQMI et du MUJAO, qui, ironie du sort ou justice divine, ont fini par les mater partout dans le Septentrion malien. Comme le ridicule ne tue pas, les voilà qui parlent maintenant, sous la haute protection de la force Serval, de cessez-le-feu avec l’armée malienne.
Espérons que les récents évènements racistes de Kidal, et l’offensive en cours au moment où nous mettions sous presse pour reconquérir la localité, auront pour conséquence que la France comprenne enfin que laisser faire le MNLA est lourd de tous les dangers pour tout le monde. Pour le Mali, cela fait peser une menace sur la cohésion de la nation, constituant ainsi un risque permanent de déstabilisation de notre pays et toute l’Afrique de l’Ouest.

Pour la France, le risque est de voir son action décisive – l’énorme travail militaire et diplomatique abattu depuis janvier 2013 – réduite à néant, du fait de l’activisme effréné de quelques flibustiers du désert. Est-ce cela que veut le désormais Prix Houphouët Boigny de la Paix, François Hollande?

Yaya Sidibé

22 Septembre du 6 Juin 2013