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La nouvelle de la fusion MNLA/Ançar Eddine doit amener les Maliens à s’unir et à faire face ensemble à la crise du Nord. C’est du moins l’avis des politiques. Réactions.

Marimantia Diarra (secrétaire général de l’Adéma) :

« Je considère que tout ce qui n’est pas républicain ne l’est pas. Nous sommes dans une République démocratique où la décentralisation est un acte fort de la politique. Si on remonte dans l’histoire, les communautés au Mali ont toujours vécu leurs particularités, leurs coutumes et même leur mode de gestion sans problème. Les grands empires médiévaux n’ont aucun eu à déroger aux règles. J’étais le responsable du Programme national de lutte contre la désertification au Nord. Je parle de ce que je sais. Le MNLA et Ançar Eddine, c’est la même réalité qui concerne la déstabilisation de notre patrie. La fusion des deux identités a toujours été une réalité dès le départ. J’étais en mission à l’extérieur. Je suis revenu (Ndlr : dimanche). A l’extérieur, j’ai eu le détail de cette fusion. Les deux groupes sont d’accord sur l’essentiel. Mais, tout n’est pas résolu entre eux, car Ançar Eddine refuse de combattre Aqmi. Si seulement cette nouvelle de la fusion MNLA/Ançar Eddine pouvait amener les Maliens à stabiliser la situation et faire face au problème du Nord. C’est ça qui est important.

Pour moi, le Mali ne sera jamais complet si ce n’est pas le Nord et le Sud. J’espère toujours que nos frères qui ont pris les armes contre le pays reviennent à la raison pour l’intérêt de la patrie. J’appelle les responsables du MNLA et de Ançar Eddine que je connais et qui me connaissent d’enterrer la hache de guerre pour des pourparlers féconds afin de bâtir un même pays dans le respect de l’intégrité du territoire national ».

Me Amidou Diabaté (1ervice-président du Parena) :

« Cette nouvelle de la fusion MNLA/Ançar Eddine est l’occasion pour la classe politique de s’unir. Alors que le tiers du pays est occupé par les rebelles, on se livre à une violence. Le MNLA et Ançar Eddine viennent de nous donner un exemple pour la reconquête du Nord. Si on ne s’unit pas, on ne peut pas recouvrir le Nord. Nous sommes interpellés en tant que classe politique, en tant que société civile. L’heure n’est plus de condamner, l’heure est à la recherche de la solution. Cela ne peut pas se faire que dans l’unité ».

Mamadou Dembélé (secrétaire aux élections du Miria) :

« La fusion MNLA/Ançar Eddine n’est pas notre problème. Ce n’est pas un événement. On ne doit pas perdre notre énergie sur ça. On a qu’à cesser de parler et aller vers les actions concrètes ».

Moussa D. Dolo (secrétaire au conflit du Parena) :

« Hier (Ndlr : dimanche) quand j’ai appris la nouvelle j’ai failli pleurer. Pendant qu’on se bat ici pour le pouvoir, le MNLA et Ançar Eddine s’unissent. C’est inadmissible. La fusion MNLA/Ançar Eddine est floue. Les deux identités se bernent ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

Les Echos du 30 Mai 2012