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Alors qu’une réunion des Nations Unies nommée «Appel pour le Sahel» se tiendra ce lundi 3 février 2014 à Rome, 11 organisations humanitaires ont décidé de tirer la sonnette d’alarme sur la situation alimentaire «extrêmement critique dans le nord du Mali», selon un communiqué publié le vendredi 31 janvier.

ACF, ACTED, AVSF, CARE International, Danish Refugee Council, Handicap International, IRC, Plan International, Oxfam, Solidarités International et World Vision, sont les onze organisations signataires de ce communiqué. Estimant à plus de 800 000 le nombre de personnes qui ont besoin d’une assistance alimentaire immédiate au Mali, ces ONG appellent à une «réponse rapide» de la part des bailleurs de fonds. En Juillet 2013, un rapport du Programme Alimentaire Mondial (PAM) soulignait déjà que 75,2 % des ménages étaient en situation d’insécurité alimentaire dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et Mopti. «Cette proportion n’a cessé d’augmenter ces derniers mois», constate-t-on dans le milieu humanitaire.

L’Appel d’urgence humanitaire des Nations Unies pour la couverture des besoins humanitaires du Mali en 2013 n’a été financé qu’à 55%. «Les perspectives pour 2014 se révèlent déjà mauvaises avec une réduction drastique des contributions de certains bailleurs de fonds d’urgence et de développement», s’inquiète le collectif d’ONGs. Les effets du conflit armé combinés à la crise alimentaire de 2012 dans le nord du Mali ont considérablement affecté les populations. Les faibles récoltes de ces deux dernières années et le contexte sécuritaire toujours fragile continuent d’aggraver cette vulnérabilité des populations.

«Environ trois millions de personnes risquent de ne plus avoir de quoi manger dans les prochains mois», selon une étude du Cadre Harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire réalisée en décembre 2013. «Plus de la moitié de ces personnes vivent dans le nord du pays». Le Cadre Harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire est un outil d’analyse consensuel initié par le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) au début des années 2000.

«Le nombre de personnes vulnérables victimes de cette crise alimentaire devrait doubler si les besoins identifiés ne sont pas couverts rapidement au moyen d’une réponse rapide», estime Franck Vannetelle, directeur d’Action contre la Faim au Mali. Pour Hélène Quéau, chef de mission pour Solidarités International au Mali, « la volatilité du contexte sécuritaire accentue la pression sur les infrastructures et les services de base dans les zones davantage sécurisées et limite le bon déroulement des activités économiques indispensables».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 31 Janvier 2014