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«La situation de l’enseignement dans le nord du Mali est particulièrement préoccupante». Le constat est de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, qui lance un appel aux fonds «en vue d’assurer le retour des enseignants» exerçant dans les régions du nord.

jpg_une-2313.jpgSaccage et pillage d’infrastructures scolaires, destruction de mobiliers, documents et matériels électriques et informatiques (groupes électrogènes, câbles, serveurs, ordinateurs, imprimantes, etc.), l’occupation des régions du nord en 2012 par des groupes armés a largement affecté le système éducatif. Le déplacement massif des enseignants n’a pas ne pas facilité les conditions d’une reprise normale de l’année scolaire 2013-2014.

Officiellement, les élèves et étudiants des régions de Gao, Tombouctou et Kidal devront reprendre le chemin de l’école le 17 octobre 2013. Mais sur le terrain, la situation est amère. «Elle s’est traduite par la quasi paralysie du système éducatif dans l’académie de Tombouctou. A Gao et Kidal, la rentrée n’a pu avoir lieu», note Irina Bokova qui a effectué, du 18 au 23 octobre, une mission dans la région en compagnie d’une délégation du gouvernement malien.

Un mois après, la situation est presque statique notamment dans les zones rurales. En cause, le non-paiement des primes de déplacement et d’installation aux enseignants. Dans le primaire, seuls 52% des enseignants sont aujourd’hui à leur en poste. A l’Académie de Tombouctou par exemple, 1197 enseignants manquent encore à l’appel. Dans le secondaire, seulement 8 % des professeurs sont en fonction et 150 encore attendus. Au niveau de l’enseignement technique et professionnel, ils ne sont que 7,5 % des enseignants à répondre présents.

S’agissant des élèves, ils sont 60 % à répondre présents dans le préscolaire et le primaire contre un peu plus de 50 % pour le secondaire. Dans l’enseignement technique seulement 167 élèves répondent à l’appel sur les 1412 attendus. L’UNESCO et le Mali lancent «un appel à la communauté internationale afin de recueillir des fonds en vue d’assurer le retour des enseignants par une campagne de sensibilisation et par l’instauration de primes pour les enseignants exerçant dans les régions du nord».

«En s’attaquant aux écoles, les extrémistes ont tenté de saper les fondations de la société, comme j’ai pu le constater lors de ma visite dans le pays en février dernier», s’insurge la directrice générale de l’Unesco dans un communiqué récemment rendu public. «Il est fondamental aujourd’hui de mettre tout en œuvre pour permettre aux élèves de retrouver au plus vite le chemin de l’école. Il en va de l’avenir même de toute la région», a-t-elle déclaré.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 20 Novembre 2013