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Les combattants de la milice d’autodéfense, Ganda Izo, s’étaient installés à Douentza après la débâcle du Mnla et contrôlaient cette ville ces derniers temps. Mais leur rêve n’a été que de courte durée parce qu’ils ont été délogés par le Mujao, le samedi 1er septembre 2012, sans un coup de feu et donc sans effusion de sang.

Depuis la débâcle du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) la ville de Douentza était restée vide de toute force armée et de sécurité. L’armée malienne, par peur ou par stratégie, n’a pas su profiter de cette situation pour s’installer dans ladite ville afin d’être plus proche des zones occupées un peu plus au nord et aussi d’éviter un retour éventuel du Mnla ou une progression des groupes armés islamistes. La nature ayant horreur du vide, les combattants de Ganda Izo s’y étaient installés et contrôlaient cette ville ces derniers temps. Mais leur rêve n’a été que de courte durée parce qu’ils ont été délogés par le Mujao, le samedi 1er septembre 2012.

Face à la lenteur du gouvernement malien et de son armée pour la reconquête du nord du pays, des milices d’autodéfense ont vu le jour. L’un des plus influents est le Ganda-Izo qui, tel phœnix renaissant de ses cendres, a repris du service après une démobilisation de plusieurs années, suite aux accords qui avaient abouti à la flamme de la paix en avril 1995. Ce mouvement qui a eu à combattre la rébellion touarègue dans les années de braise et qui se prévaut d’une bonne connaissance du terrain, a profité de l’absence du Mnla à Douentza pour se positionner dans cette localité.

Les renforts attendus en vain

Mais au moment où les combattants dudit mouvement se préparaient à lancer l’offenssive contre les groupes islamistes armés qui occupent illégalement le septentrion malien, ils ont été surpris par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) ce samedi 1er septembre, nous a indiqué une source proche de Ganda-Izo. Selon nos sources, lourdement armés, après avoir encerclé la ville, les combattants de Mujao ont sommé ceux de Ganda-Izo soit de joindre leur mouvement soit de déposer les armes. Les éléments de Ganda-Izo espéraient bénéficier d’un appui sur place, mais n’ont eu finalement aucun soutien pour résister. Ils se sont donc pliés aux exigences du Mujao en déposant les armes. Sans combat, encore moins d’effusion de sang.

Que sont alors devenus les combattants de la milice d’autodéfense? Selon des informations distillées dans la presse, l’un des chefs militaires du Mujao aurait affirmé que les combattants de Ganda Izo sont entre leurs mains. Des rumeurs qui circulent à Bamako, affirment que les combattants de ganda Izo seraient ligotés et détenus par le Mujao.

De toute façon, un des responsables de Ganda Izo basé à Gao nous indique le contraire. Il a précisé que le désarmement s’est déroulé de façon pacifique et que les combattants de Ganda Izo sont toujours à Douentza, libres de leurs mouvements. La même source soutient également que cet acte ne doit pas remettre en cause la force de Ganda Izo sur le terrain car le désarmement de ses troupes à Douentza s’explique, selon lui, par des remous que connaît le mouvement actuellement. Il faut le lui concéder, même si pour une première occasion de confrontation, le Ganda Izo a capitulé et a ainsi raté l’opportunité de prouver sa force réelle sur le terrain.

Par ailleurs, il nous est revenu que le commandement de la milice à Douentza, Ibrahim Dicko, serait à la base de cette prise de Douentza en s’alliant avec des éléments du Mujao, pour réagir ainsi contre son éviction par son chef d’état-major. Dès lors, il y aurait des remous internes au sein du Ganda Izo, ce qui aurait conduit à ce règlement de comptes. Les prochains jours nous édifieront.
Pour l’heure, une autre source nous a signalé la disparition du même Ibrahim Dicko, commandant de la milice Ganda-Izo à Douentza. Il n’est pour le moment visible nulle part à Douentza. Mais de là à affirmer qu’il est à la base de la débâcle du mouvement d’autodéfense en rejoignant le Mujao, il y a un pas que nous gardons de franchir, en attendant d’y voir clair, tellement les avis divergent.

En attendant que Ganda Izo parvienne à recoudre les morceaux pour ne pas se retrouver en lambeaux, la ville de Douentza est sous le contrôle total du Mujao. Reste maintenant à savoir la réaction prochaine de Ganda-Izo et surtout de Bamako, plus précisément de l’Armée du capitaine Sanogo interpellé au premier plan car les islamistes armés viennent ainsi de repousser la ligne de démarcation en leur faveur.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 03 Septembre 2012