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Tantôt le département évoque le coût (élevé) lié au rapatriement du personnel rappelé ; tantôt ces agents, soulèvent des questions liées à la scolarité de leurs enfants. Nommés depuis six mois, une quarantaine de cadres et d’agents des Affaires étrangères continuent de prendre leur mal en patience avant de pouvoir rejoindre leur lieu d’affectation. Ceux qu’ils doivent remplacer n’étant point pressés. Et pour cause.

Nommés par décret n°2013-633/P-RM du 1er août 2013 dans les missions diplomatiques et consulaires du Mali à l’étranger, une quarantaine d’agents de la Fonction publique (Conseillers des affaires étrangères, Inspecteurs des Services Economiques, Administrateurs Civils, Contrôleurs du Trésor, Professeurs d’Enseignement, etc.) attendent depuis six mois de pouvoir rejoindre leur poste d’affectation. Certains d’entre eux, au vu de la tournure que risquent de prendre les événements continuent réellement à s’impatienter.

Selon une source diplomatique qui a requis l’anonymat, un certain nombre de Conseillers d’Ambassade, après six ans ou plus à l’extérieur et ne voulant pas rentrer au bercail, auraient individuellement demandé, par message électronique depuis le 9 janvier dernier, de rester en poste…jusqu’au mois de juin 2014. Comme arguments développés dans ces messages adressés au ministre des Affaires étrangères, Zahabi Ould Sidi Mohamed, ils avancent la nécessité de laisser leurs enfants poursuivre leurs études.Pour cela, ils n’entrevoient de rentrer qu’à la fin de l’année scolaire en cours. Cela au moment où les fonctionnaires nommés à ces postes continuent de tourner leur pouce à Bamako. Certains n’ayant même plus de bureau où s’asseoir.

Conscients de cette situation et compte tenu également du fait que les décrets de ces agents rappelés ont été abrogés, le président IBK aurait instruit, il y a deux mois, au ministre en charge du Budget et à celui des Affaires étrangères » de tout mettre en œuvre pour que les fonctionnaires rappelés puissent regagner le pays « . En application de cette instruction présidentielle, des agences de voyage ont été commises afin de gérer l’ensemble des problèmes liés au transport des bagages et aux titres de voyage.

Malgré ces dispositions, certains diplomates ne voulant pas rentrer auraient proféré des propos désagréables aux agents qui ont pris contact avec eux pour le transport de leurs bagages. Il semble donc qu’un bras de fer n’est plus à exclure. Entre ces diplomates récalcitrants qui veulent rester…encore un peu, en invoquant pour cela des arguments qui ne tiennent pas la route, et les agences de voyage qui souhaitent entrer le plus rapidement possible dans leurs fonds…en faisant transporter, le plus vite possible, ces diplomates et leurs familles.

Un autre problème est là : les agents nommés dans ces missions diplomatiques et consulaires ont hâte, eux-aussi, de pouvoir toucher le salaire lié à leur nouveau poste d’affectation. Ce qui est encore loin d’être le cas. Raison pour laquelle il est attendu que le département des Affaires étrangères et celui des finances règlent cette affaire dans les meilleurs délais.

Pour la crédibilité même de notre pays auprès des pays de résidence de ces agents affectés suivant le décret susmentionné. Les missions diplomatiques et consulaires concernées étant, entre autres, Abuja, Accra, Addis-Abeba, Alger, Berlin, Brazzaville, Bruxelles, Genève, La Havane, Malabo, Moscou, Niamey, Paris, Pékin, Rabat, Téhéran, Tokyo, Tunis, Tripoli, etc.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 21 Janvier 2014