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Cheick Modibo Diarra est finalement le Premier ministre de la deuxième transition démocratique que les Maliens s’impatientent de vivre malgré son lot de problèmes structurels, institutionnels et… existentiels. Mais également une transition d’espérance quant à la refondation d’une véritable démocratie.

Cheick Modibo apparaît aujourd’hui, sous un éclairage nouveau – situation nationale oblige – comme l’homme qu’il faut. Tant à cause de sa personnalité immense que de son carnet d’adresses certainement au-dessus du commun. Il apparaît comme l’homme le mieux indiqué et le plus consensuel pour le CNRDRE et la frange patriotique de la société civile malienne, au grand dam de cette autre confrérie « politique » du Mali qui ne l’avait pas encore convié à son sordide banquet organisé et entretenu autour du pouvoir déchu.

Cheick Modibo, aujourd’hui « Premier ministre de transition, chef du gouvernement, disposant des pleins pouvoirs », n’était sûrement pas en odeur de sainteté dans les couloirs feutrés du palais du « très démocrate général capitulard et finalement démissionnaire… par coup d’Etat » !

Pour cette classe politique demeurée aux aguets, la nomination du nouveau Premier ministre se traduit par : « et Cheick et mat » ! Fort heureusement, c’est bien « échec et mat » aux velléités de récupération systémique et systématique de la « transition démocratique » orchestrées par certains hommes politiques qui, de façon consubstantielle, sont, sans nul doute, comptables des souffrances, de la misère et des humiliations successives infligées au peuple malien par le défunt pouvoir d’ATT.

C’est certainement « échec et mat » à tous ces exaltés tapis dans des partis politiques et au sein d’une certaine société civile qui voudraient vaille que vaille nous imposer un homme qui leur assurerait l’impunité et la perpétuation de l’ordre ancien tout en ignorant l’existence du CNRDRE et de son capitaine, empêcheur de tourner en rond. Faire comme si de rien n’était ; on reprend les mêmes et on continue…

C’est encore « échec et mat » au maintien et à la pérennisation de « la démocratie de façade » que dénonçaient les patriotes dont Cheick Modibo Diarra mais au nom de laquelle se dressa, par défaut d’information authentique, la communauté internationale, la Cédéao en tête. Selon la grille de lecture en vigueur, pas question de « redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat », surtout avec des bruits de bottes. Et pourtant…

Cette nomination, c’est aussi « échec et mat » aux visées politiciennes d’accaparement du pouvoir d’Etat qui se sont traduites, ces derniers jours, par des rapprochements contre-nature savamment servis par des discours corrosifs de la défense de notre démocratie. De tout cœur, nous espérons surtout que cette nomination soit « échec et mat » à l’irrédentisme touareg dans notre beau pays. Il faut, non seulement faire « échec » à toute partition du territoire national aux accents « fédéralistes » mais également « mater » jusqu’aux limites extrêmes du Tanezrouft (pays imaginaire du désert dans le désert !) tous ces bandits armés du MNLA, d’Aqmi et d’Ançar Eddine.

Par ailleurs, si tant est qu’aujourd’hui, Cheick Modibo Diarra soit « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », sa nomination devra également être « échec et mat » pour les tenants du clientélisme et du favoritisme qui gangrènent l’administration publique de notre pays. Le voilà donc allégé des pesanteurs partisanes avec leurs cortèges de nominations fantaisistes qui annihilent l’efficacité de tout projet de développement.

Et surtout, que ceci soit dit, Cheick Modibo Diarra doit sa nomination à ses qualités intrinsèques, à ses relations extérieures personnelles et à son entregent depuis qu’il s’est porté candidat à la présidence de la République. Enfin, il sera question de faire « échec et mat » aux nombreux courtisans et partisans du RpDM (son parti) et autres partis alliés de circonstance…

« Et Cheick et mat » aux fossoyeurs du Mali nouveau !

Dr. Fodé Moussa Sidibé

(chercheur/écrivain)

19 Avril 2012