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L’étau se resserre autour du Capitaine Sanogo qui, par la force des choses, a été désigné par les véritables acteurs et auteurs (les hommes de rang de Kati) du putsch militaire du 22 mars dernier comme l’homme fort de la mutinerie.

Le climat entre les jeunes militaires de Kati et leur mentor tend actuellement à une querelle de positionnent qui ne dit pas son nom, chacun voulant mieux se positionner autour de la table pour savourer et déguster le menu du jour de leurs actes qui ont servi de « corridor » aux rebelles du Nord pour s’emparer des trois grandes villes du Nord.

Ainsi, avant même la nomination du Capitaine Sanogo au poste de vice-président du Haut Conseil Etat (HCE) dont la création a été proposée par le Président de la Transition, des voies insoumises auraient signifié qu’elles préfèrent quelqu’un d’autre à la place du Capitaine Sanogo en qui ils n’ont plus confiance parce que selon eux, l’objectif du coup d’Etat militaire n’était pas de s’offrir des privilèges au détriment du groupe.

Aussi, certains vont jusqu’à dénoncer la libération du chef rebelle Chérif Ousmane qui a été l’une des compromissions qui ont suscité sa nomination par le Président Dioncounda Traoré à ce poste de responsabilité. En un mot, certains hommes de rang de Kati s’opposeraient à cette nomination qui, selon eux, a été exigée et planifiée par certains Chefs d’Etat de la sous-région et le Président de la transition malienne pour saluer le sens de responsabilité du Capitaine pour avoir accepté de libérer le rebelle Chérif Ousmane la semaine dernière.

En tout cas, la nomination du Capitaine Sanogo à ce poste de responsabilité sous-entend beaucoup et risque même de bloquer certaines approches envisageables pour la moralisation et la mobilisation des différents corps de l’armée malienne.

Par ailleurs, des esprits critiques se demandent si le Capitaine, qui a fini par s’attirer les foudres de la Cour pénale internationale (CPI), ne serait plus, grâce à cette nomination aussi stratégique que tactique, dans le collimateur des hommes de droit du monde pour des détentions extrajudiciaires des Bérets rouges et autres éléments de l’armée. Dans tous les cas, on ose espérer que cette nomination permettra d’éviter le précipice au pays.

Serge Lath

13 Août 2012