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Le trio Amadou Toumani Touré (ATT), Alpha Oumar Konaré et Soumeylou Boubèye Maïga (SBM), des renards politiques, ne cessent de marquer la démocratie malienne comme le fait un chef de famille pour sa progéniture.

Elle serait, dit- on, à leur actif. C’est pourquoi la nomination en catimini de Soumeylou B. Maïga comme conseiller spécial chargé des questions du Nord Mali par le président de la République Amadou Toumani Touré n’a pas été une surprise pour les observateurs avertis de la scène politique.

Pour qui connaît les relations et les complicités qui unissent les trois hommes. C’est une équation transitive ATT et Alpha dont Soumeylou, un des acteurs du Mouvement démocratique, est le pont entre les deux hommes. Il est l’homme lige de la démocratie, qui à lui seul est capable de secouer le cocotier.

Pour cela SBM a plusieurs cordes à son arc. Il fut successivement chef de cabinet du président du CTSP pendant 14 mois, Conseiller à la Présidence, Directeur de la Sécurité d’Etat pendant six ans et enfin ministre de la Défense et des Anciens combattants. Il a gravi ces échelons sous l’ombre de son mentor politique, Alpha Oumar Konaré.

Des postes stratégiques qu’il a occupés et qui font de lui un passage obligé pour les deux présidents Alpha et ATT.

Sa nomination à Koulouba confirme ainsi le retour de Alpha Oumar Konaré comme président en 2012. Le faiseur de roi quitte de bon l’opposition, constituée sous le nom de Font pour la Démocratie et la République (FDR), pour la majorité présidentielle, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) dont son parti ADEMA est membre.

Cette fois ci, il s’agit pour lui d’une manipulation au cas où le fameux projet de révision constitutionnelle, un vœu cher au président ATT, tournera au fiasco. Son dauphin inattendu Alpha Oumar Konaré pourrait lui succéder à Koulouba en toute tranquillité.

Cela est d’autant plus vrai dans la mesure où pendant les dix ans de l’ADEMA au pouvoir, le général ATT est resté de marbre. Il n’a pas osé lever le petit doigt pour condamner un seul acte de son successeur.

Et la seule fois qu’il a souhaité le faire, c’était autour de la médiation entre le Collectif des partis politiques de l’opposition (COPPO) et le pouvoir ADEMA à travers la Fondation Carter. Cette intrusion du militaire a été très mal vue par le pouvoir ADEMA. Et Alpha de rétorquer : « à condition qu’il ne soit pas candidat ». Et dès lors ATT a gardé profil bas.

La suite on la connaît. Le général à la retraite devient président de la République en 2002 devant une kyrielle de candidats à la présidentielle. Une fronde a aussitôt surgi au sein de l’ADEMA, commanditée par Soumeylou Boubèye Maïga pour faire échec au candidat désigné par le parti, Soumaïla Cissé.

L’élection d’Alpha Omar Konaré à la présidence de la Commission de l’Union africaine fut l’œuvre de ATT et de son ami, le président américain Bush.
A la tête de l’Union africaine, l’ancien président n’a jamais voulu réagir sur la gestion démocratique et consensuelle du général ATT.

Rentré à la fin de son mandat, l’ancien locataire de Koulouba, A.O.K partage sa vie entre son bureau à Niaréla et son bunker de Titibougou.


Amy SANOGO

18 Aout 2008