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Depuis le 22 mars 2012, le Mali ne cesse de connaître et de vivre des situations surprenantes certes mais toutes significatives dans le processus devant inéluctablement conduire notre pays vers la refondation. S’il est vrai que l’un des faits les plus marquants de la nation ressuscitée a été la réussite sans équivoque des élections présidentielles, la récente nomination d’un jeune cadre, technocrate, intrépide adepte du travail bien fait et de l’excellence, pourra être gravée dans la mémoire populaire comme la reconnaissance du mérite et surtout l’engagement du Président de la République, IBK, pour une nouvelle gouvernance axée sur la qualité et le résultat.

L’acte même s’il n’est pas suffisant en sois même pour gagner le pari, il demeure indéniablement plein de symboles et de signes annonciateurs de la réussite et du renouveau tant réclamés par les maliens. Et dès l’entame, il convient de réaliser qu’autant le Président IBK, a le plaisir de clamer à tout bout de chemin, qu’il a compris le message du peuple à travers son soutien et son vote massif, autant notre génération rétorque qu’elle aussi a bien saisi les messages transmis à travers ses différents discours et surtout l’acte posé : la nomination de Oumar Tatam Ly, alias Thierno, comme Premier ministre.

Que oui, la jeunesse malienne est fière de cet acte patriotique, acte de grandeur et de reconnaissance du mérite, acte qui honore le président, pourvu que les autorités puissent garder ce cap. Et au-delà de la fierté la jeunesse doit s’engager à accompagner le tout nouveau PM pour le succès face aux défis multiformes auxquels les nouvelles autorités sont appelées à faire urgemment face. Nous devons bannir pas mal de pratiques anciennes non productives et attentatoires à notre image tout en sachant que le soutien générationnel dont il est question ne devra point être un blanc seing aussi pertinents soient les actes et les politiques publiques des nouvelles autorités.

Les sages n’ont – ils pas coutume de dire qu’ « il n’y a jamais eu deux sans trois ». Pour rappel, en dépit de notre jeunesse, l’histoire politique récente du Mali nous enseigne qu’effectivement, deux évènements majeurs ont marqué la vie de l’actuel Premier ministre, et tous deux ont été couronnés de succès.

Le premier événement que nous retiendrons dans ce registre est la lutte de nos pères contre l’injustice et pour l’avènement de la démocratie, la vraie au Mali. Ils n’étaient pas certes les seuls combattants, mais leur engagement, pour leur avoir commandé la diffusion d’un « tract contre la farce référendaire de 1974 « , leur a valu le séjour du 8 juin 1974 au 1er mai 1978 (4 ans) dans les bagnes de Taoudenit et au grand nord après les commissariats et le Camp para de Bamako.

Notre premier ministre n’est donc pas tombé du néant même si on ne le réclame d’aucun parti politique. De vos pères, au risque de se tromper, ils étaient douze brillants cadres militants du changement, et leur groupe, dénommé à l’époque par le régime autocratique les « 12 salopards » en l’occurrence : Ibrahima Ly, Ibrahima Traoré, Seydou Thiero, Many Djenepo, Jean Etienne Djindere, Adama Samassekou, Bakary Konimba Traoré (Pionnier), Oumar Ly, Victor Sy, Cheick Sadibou Cissé, Mohamedoun Dicko, Sir Mathieu Samaké. En tant qu’ainé de tous les fils des tractoristes ou les « 12 SALOPARDS » d’hier devenus « HONORABLES » aujourd’hui par le fait du succès de leur combat, Monsieur le Premier ministre, Thierno, vous avez été à l’avant-garde de ce combat à travers les pères. Et ce premier événement (l’embastillement) a été couronné de succès car la DEMOCRATIE fût au Mali et continue de mille feux malgré les pérégrinations.

Notre défunt père Ibrahima Ly, auteur de Toile d’araignée et autre œuvre, condamné à l’exil après 1978, engagé dans un second et nouveau combat celui de la survie et du changement par le savoir, celui de l’excellence vous a valu d’être consacré comme premier malien admis à l’agrégat à l’âge très jeune, de 21 ans, nous a – t – on dit. Cette agrégation fut ainsi le second événement qui, en son temps, avait fait honneur au Mali.

Pour rappel, quand ce jour de 1986, du balcon de notre classe de 11ème année au Lycée Badala nous recevions l’annonce, nous étions nombreux à en être fiers et surtout à prendre l’engagement de marquer le reste de notre carrière scolaire et universitaire du sceau de l’excellence. En vérité, notre grande fierté tenait doublement, d’abord au fait qu’un malien venait d’être consacré agrégé à un très jeune âge, mais aussi et surtout parce qu’il s’agissait d’un frère de combat. Que de succès vous avez connus dans votre parcours professionnel, que d’honneur pour le Mali et votre génération.

Le Premier ministre Thierno Oumar Tatam Ly, car c’est de lui dont il s’agit, après avoir été longtemps pour nous autres comme l’icône de l’excellence, vient d’être aujourd’hui gratifié par un troisième événement : sa nomination pour conduire l’action gouvernementale dans un contexte plein de défis et de symboles.

Vous constaterez avec nous que la déduction devenant très facile, puisqu’ » Il n’y a pas deux sans trois », et les deux premiers événements ayant été couronnés de succès, il n’y a aucune raison que le troisième, à savoir la présente nomination de l’homme Thierno, ne puisse pas nous conduire à tous les résultats escomptés (Inchalah !). Au bout donc, il y aura infailliblement la réussite par la volonté de Dieu et l’action conjuguée des hommes.

Notre conviction est alors toute faite quand à la réussite de la mission ainsi confiée, d’autant plus que nous considérons que, fort de toutes les valeurs que nous savons de lui, de la Primature, et avec les équipes qu’il mettra en place, le premier ministre saura conduire très loin le bateau Maliba sous la houlette de l’actuel Président de la République.

Nous imaginons également que les sources d’une telle confiance placée en lui ne peuvent être autre chose que : 1-la volonté de Dieu ; 2- la bénédiction, les biens faits et le combat des parents, nos parents ; 3- la sagesse et la clairvoyance du Président de la République, sa quête de bonheur pour un peuple meurtri mais vaillant et confiant; 4- la conviction, l’excellence et le mérite de l’homme lui-même Oumar Tatam Ly.

En vérité, la lecture que nous faisons de la nomination de Thierno, au-delà de toutes les considérations qui précèdent, est que le Président IBK s’est résolument engagé à donner un sens à certaines de nos valeurs culturelles fondamentales dont il pense sous-tendre son projet de refondation pour le Mali. Et mieux qu’un engagement, c’est là un des messages et signaux très forts qu’il a voulu transmettre à la jeunesse, à la nouvelle génération dès l’entame de son premier quinquennat.

Pour tous les maliens, politiques ou non, de l’intérieur comme de l’extérieur, l’espoir est souhaité et permis. Il est souhaitable que les choses soient comprises comme telles et que chacun dans ses compétences, rangs et statuts, puisse accompagner les actes et politiques pertinentes des nouvelles autorités et ne jamais manquer de critiquer, alerter et surtout proposer dès les premiers signes de déviation par rapport à la nouvelle ligne tracée. En tout cas, la réussite de l’actuel PM sera notre réussite, et celle de tous ceux qui se réclament de la nouvelle génération, sans prétention aucune de tout le peuple malien. Ce n’est pas que l’affaire d’IBK ou d’une quelconque majorité politique. C’est notre affaire à nous tous et surtout l’affaire des jeunes, nous qui sommes interpellés et qui avons besoin de tout prouver dans ce pays.

Ainsi donc, à l’image de son mentor qui a été bien inspiré en portant son choix sur lui sur des bases professionnellement acceptables, il appartient maintenant au Premier Ministre, de compter avec les valeurs sûres, de s’appuyer sur tous ses atouts, de capitaliser les acquis du passé récent et d’aller à la vitesse supérieure sans précipitation aucune mais avec efficacité, professionnalisme et rigueur.

Que Dieu nous en garde, les larbins du pouvoir et les laudateurs, assumons sereinement notre devoir de témoignage et de reconnaissance en celui qui semble est capable de grands actes refondateurs, IBK. Alors qu’il soit toujours dit en passant que par le biais de la nomination de Oumar Tatam Ly, le Président de la République renforce ainsi la confiance pas seulement de la jeunesse mais plutôt de plusieurs générations, et surtout de toutes ces personnes qui, tapies dans l’ombre croient en nos valeurs et aux vertus du mérite et du travail bien fait.

Enfin, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’attente demeurera toujours grande, combien le Mali vient de très loin, cependant avec le concours et la disponibilité de tous et surtout des jeunes cadres la présente haute mission pourra réussir et ouvrir la voie à de bonnes perspectives.

Pour l’instant que chacun accoure pour boucher les trous de la jarre Mali trouée de partout, et la réussite sera le levier pour le bonheur commun de toutes et de tous dans un Mali réconcilié qui avance.

Soumaila Bainy TRAORE

13 Septembre 2013.