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L’année 2008 sera inscrite dans la mémoire du peuple malien, plus particulièrement, du monde sportif. En effet, les fédérations et associations sportives du Mali viennent d’être doublement honorées par la consécration du président du Comité National Olympique et Sportif du Mali (CNOSM), M. Habib Sissoko, aux plus hautes instances de décision du Judo africain et mondial.

En effet, il vient d’être nommé Vice-Président de l’Union Africaine de Judo (UAJ) et Directeur du développement de la Fédération Internationale de Judo (FIJ). C’est dire que la population malienne n’a donc plus qu’à chercher ailleurs l’homme de l’année 2008 au Mali, comme le disait un confrère de la place.

Après avoir bénéficié la confiance de l’ensemble des fédérations et associations sportives nationales pour un 3è mandat consécutif -et cela, par acclamation, s’il vous plaît-, Habib Sissoko vient ainsi d’être récompensé, en Afrique et à travers le monde, pour ses efforts et initiatives en faveur du développement du judo.

En effet, M. Sissoko a été nommé Directeur du développement de la Fédération Internationale de Judo à Bangkok (en Thaïlande), le 21 Octobre 2008. Face à cette récompense qu’on dit hautement méritée, l’Union Africaine de Judo n’a pas voulu rester en marge. Et c’est sans surprise que Habib Sissoko sera réélu au poste de Vice-Président de l’UAJ, ce 8 Novembre 2008 à Tunis (Tunisie).

Le parcours de l’homme

C’est par amour pour la discipline que Habib Sissoko est arrivé au Judo dès le bas âge. Grâce à son courage, son sérieux et surtout, son abnégation, lejeune judoka Habib parviendra à se perfectionner et s’affirmer d’année en année. C’est ainsi qu’il arrivera à se hisser au firmament du judo malien et africain, en raflant tout et devenant ainsi le N°1 au Mali. C’est sans surprise qu’il représentera alors le Mali aux Jeux de Naïrobi (au Kenya) en 1978.

Après sa retraite internationale, et malgré ses charges professionnelles, l’homme ne quittera pas le monde de la discipline. Ainsi, vers les années 1990, il commence à intégrer les instances du judo national. Face à la nécessité de réorganisation de la discipline, les acteurs et responsables du Judo décident alors de faire venir Habib Sissoko à la tête de la Fédération Malienne de Judo (FMJ), en 1995.

Tant qu’il n’y a pas d’organisation sérieuse et surtout, de la rigueur et du sérieux dans la gestion, aucune discipline ne peut aller de l’avant, à plus forte raison obtenir des résultats satisfaisants”, avait-il coutume de déclarer, selon un témoin de l’époque.


Des actions salvatrices

Profitant de son assise sociale et de ses relations personnelles, Habib Sissoko décide de définir des textes et structures crédibles pour le bon fonctionnement de la fédération. C’est ainsi que des tatamis (tapis de judo) et des matériels de combat seront payés pour alimenter certaines salles, de judo, dont le Dojo Camp-Para de Djicoroni.

Des stages seront également initiés à l’extérieur du pays, à l’intention des combattants, des arbitres et des administrateurs. On se rappelle encore l’époquée de la réussite du Judo malien, avec le “Club des Amis du Judo”, dont Habib Sissoko a été aussi le président.

Face à l’engouement de plus en plus manifeste pour la pratique de cette discipline, le Mali a pu convaincre certains judokas maliens nés en France de vnir combattre pour le pays : les frères Guindo, entre autres. D’ailleurs, le football malien s’est inspiré des responsables du Judo pour faire appel à des joueurs maliens nés en France, tels que Frédéric Kanouté, Momo Sissoko, entre autres…

Durant son passage à la tête du Judo malien en 1995, le monde sportif avait les yeux uniquement rivés sur cette discipline. Face à ce succès fulgurant du Judo, les acteurs et responsables de toutes les fédérations et associations sportives nationales, confrontées à des grosses dissensions, décident de faire appel à Habib Sissoko pour présider à la tête du Comité National Olympique et Sportif du Mali (CNOSM).


Président du CNOSM depuis 2000

C’est donc sans difficulté ni surprise que M. Habib Sissoko sera élu à la tête du CNOSM en 2000. A cette époque, le siège du Comité se trouvait encore au Stade Mamadou Konaté et fonctionnait sans textes ni règlement : c’était en somme, comme un pilotage à vue. Il fallait alors tout reprendre à zéro.

Conscient que pour être membre des instances internationales, il faut remplir certaines conditions, M Sissoko a du s’atteler, dès l’entame de son premier mandat, à affronter les énormes défis nationaux qui se présentaient à lui. Il les a sans doute relevés, puisqu’en 2004, il sera réélu par acclamation, en vue de lui permettre d’achever l’oeuvre entamé. Et grâce à l’offre du Chef de l’Etat, il parviendra à décrocher un nouvel appartement à la Cité ministérielle.

Rappelons qu’en 2005, le premier siège du Comité National Olympique Sportif du Mali (CNOSM) a été détruit, suite à la défaite des Aigles face au Togo en éliminatoires CAN-Mondial 2006.

De 2004 à Janvier 2008, les textes du CNOSM seront finalisés en vue d’affilier le Comité aux instances africaines et mondiale. Ainsi, une administration du CNOSM digne de ce nom sera mise en place, qui sera fonctionnelle, avec une comptabilité, une direction et des structures, conformément au voeu du Comité International Olympique (CIO).

M. Habib Sissoko assistera les autres disciplines sportives par des aides matérielles et financières, des formations et l’organisation de stages. Ce qui fait que le sport, en général, a enregistré des progrès notables, contrairement à ce que l’on tente de faire croire à l’opinion publique.

La preuve : une forte délégation malienne était présente aux J.O. de Pékin, composée de basketteuses, de nageurs, de pratiquants du taekwondo et de l’athlétisme, contrairement aux J.O. de Sidney (2000) et d’Athènes (2004).

Face à tous ces résultats probants, Habib Sissoko sera une fois de plus plébiscité, le 12 Janvier 2008, pour se succéder à lui-même à la tête du CNOSM, pour un 3è mandat. Ce qui n’a pu laisser indifférente l’instance internationale dont Habib est issu, c’est-à-dire la Fédération Internationale de Judo.

Et sonna l’heure de la consécration

Selon un observateur averti de la scène sportive, il ne sert à rien de se précipiter, il faut plutôt savoir attendre son heure. La remarque sied parfaitement à Habib Sissoko qui, par monts et vaux, est resté modeste et serein. Tous ceux qui connaissent l’homme n’ont donc guère été surpris qu’il ait bénéficié de la confiance de la FIJ et de l’Union Africaine de Judo (UAJ), pour les postes de Directeur du développement et de Vice-Président de l’UAJ.

Au delà de la consécration personnelle de Habib Sissoko, c’est tout le peuple malien qui est fier et honoré de cette double promotion internationale. En effet, à travers cette nomination, c’est l’image du Mali qui sera vendue à travers le monde entier. D’ailleurs, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, n’a pas manqué de féliciter solennellement Habib Sissoko.

Pour l’heure, le nouveau promu entend inculquer de belles initiatives au sein du Judo et du sport malien en général. “Je sais qu’il y a beaucoup à faire ; et cela passe par une organisation et une plénitude des affaires courantes des différentes fédérations. Et c’est mon seul combat aujourd’hui ,pour qu’on obtienne des résultats probants. Je me suis réjoui que le basket ait compris cela ; et je rends hommage au ministre de la Jeunesse et des Sport, M. Hamane Niang. Je lance un appel pressant à tous les sportifs du pays, et je leur dédie toutes ces nominations. C’est avec l’union et l’entente que nous pouvons avoir d’autres places dans les instances internationales, gage d’un succès de nos différentes disciplines”, a-t-il conclu.


Après la promotion de Habib Sissoko : Des témoignages de satisfaction

Après la désignation du président du Comité National Olympique et Sportif du Mali au poste de Directeur du développement de la Fédération Internationale de Judo et sa réélection à la vice-présidence de l’Union Africaine de Judo, c’est un sentiment quasi général de satisfaction qui anime le monde sportif.

Lors de la réception des Juniors Filles qui ont remporté la Coupe d’Afrique Junior le 12 Novembre 2008, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, déclarait : “Nous devons être fiers de cette nomination qui, au delà de Habib, doit être une fierté nationale. A travers cette nomination, c’est l’image du pays qui est ainsi propagée à travers le monde entier”.

Au cours d’une réception organisée par la Fédération Malienne de Judo (FMJ) en l’honneur de Habib, c’était au tour du président de ladite structure de déclarer à l’endroit du promu : “Cette nomination nous va droit au coeur, car même si Habib est le président du Comité Olympique, il est le fruit du Judo malien. Cette cérémonie certes modeste, mais pleine de signification, est une obligation pour tous les sportifs, en particulier les judokas maliens, à vous rendre hommage”.

Quant au Réseau Culturel et Sportif Francophone du Mali, il s’est également réjoui de ces honneurs. “Nous sommes ravis de cette double désignation ; et nous osons croire que d’autres Maliens feront leur apparition dans les plus hautes instances des fédérations sportives internationales. Ce qui permettra au sportif malien de planer plus haut et d’être plus connu”, a déclaré le président du Réseau, M. Boubacar Diakité.

D’autres témoignages sont sûrement attendus, venant des autres fédérations ou associations sportives du Mali. Car, en dehors du Judo, le Comité National Olympique malien est composé de 18 autres fédérations.

Ces témoignages s’expliquent, quand on sait que M. Habib Sissoko a beaucoup contribué à leur développement et leur épanouissement, tant sur le plan national qu’international.


Sadou BOCOUM

21 Novembre 2008