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Par arrêté n°2661-MAT-SA du 7 juillet 2011, le ministre de l’artisanat et du tourisme de l’époque, Mohamed El Moctar, bombardait l’ex-garde de corps de Zakiatou Walett Halatine, l’adjudant de gendarmerie, Mohamed Ag Abdou Salam, comme Directeur général adjoint de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (OMATHO). Une promotion qui a aussi été dénoncée par le syndicat de l’Office ( L’Indépendant n°2824 du 29 juillet 2011) qui a attaqué devant la Cour suprême l’arrêté du ministre pour usurpation de titre, car M. Salam n’est pas un administrateur du tourisme comme écrit dans l’arrêté, donc n’a pas qualité d’occuper ce poste. Selon nos sources, la Cour suprême a adressé à l’intéressé une sommation pour qu’il prouve dans un délai de deux semaines qu’il est administrateur de tourisme. A défaut, l’arrêté de nomination sera annulé prochainement.

Le combat engagé il y a bientôt deux ans par le syndicat des travailleurs de l’OMATHO contre la nomination du directeur général adjoint de leur service est sur le point d’aboutir. En effet, ces agents sevrés sont convaincus que le droit sera dit par la Cour suprême dans cette affaire. Et dans ce cas, tous les arguments sont favorables à une annulation pure et simple de l’arrêté de l’ex-ministre de l’Artisanat et du tourisme.

En effet, la nomination de l’adjudant de gendarmerie, Mohamed Ag Abdou Salam, comme directeur général adjoint de l’OMATHO viole le cadre organique dudit service adopté par le conseil d’administration le 12 janvier 1999. Selon ce document, peuvent être Directeur général de l’OMATHO, les administrateurs du tourisme, les inspecteurs des services économiques ou des finances, les administrateurs civils et les administrateurs des arts et de la culture.

Or, l’actuel DGA, selon le syndicat n’est pas un administrateur de tourisme comme tente de le faire croire l’arrêté. Mohamed Ag Abdou Salam est gendarme et administrateur du tourisme, donc il appartient à deux corps en même temps. Pour être administrateur du tourisme, il faut être admis au concours de la fonction publique et se faire nommer par arrêté du ministre de la fonction publique dans la fonction d’administrateur du tourisme.

C’est ce décret que l’intéressé n’est jamais parvenu à brandir. Son ascension fulgurante à l’OMATHO a écœuré le personnel. En effet, Mohamed Ag Abdou Salam, un sous-officier de la gendarmerie est arrivé dans le secteur du tourisme en 2006 après avoir été le garde du corps de l’ex-ministre du secteur, Zakiatou Wallette Halatine, actuellement un des principaux responsables du MNLA. En 2007, il est vite promu, directeur technique malgré l’opposition du syndicat avant de se retrouver DGA en 2011.

Selon les responsables du syndicat, le gendarme DGA doit sa promotion à l’actuel secrétaire général du ministère de l’Artisanat et du tourisme, El Mehdi Ag Hamady dont il est le neveu. C’est celui-ci, oncle directe de Zakiatou Wallette Halatine, qui a planifié sa nomination comme DGA alors qu’il était chef de cabinet de El Moctar. Au vu de sa proximité avec Walette qui se bat aux côtés du MNLA, certaines sources n’hésitent pas à parler d’une accointance entre ces deux cadres et le mouvement touareg.

Tous les cadres administrateurs du tourisme qui ont daigné lever le petit doit contre la nomination du DGA de l’OMATHO paient les frais car ils sont rayés des programmes de promotion. A la date d’aujourd’hui sur les sept conseillers techniques du département, il n’y a qu’un seul administrateur du tourisme idem pour les inspecteurs du tourisme. A cause de ces pratiques malsaines, le tourisme se meurt petit à petit. Certes, le secteur est victime de la situation au nord du pays, mais les pratiques discriminatoires et les nominations de cadres non compétents contribuent à mettre le secteur à genou. Car, au delà du cas du DGA, le département a trouvé le moyen de nommer une jeune dame inexpérimentée comme directrice générale qui est à la solde d’un DGA incompétent. Aujourd’hui l’OMATHO est presque à genou malgré la présence de cadres valeureux pourtant mis à côté.

En tout cas, les agents de l’OMATHO fondent beaucoup d’espoir sur la Cour suprême pour les remettre dans leur droit en mettant un terme à cette usurpation de titre. La Cour attend la réponse de la sommation adressée à l’intéressé. Pour les syndicalistes, il ne fait aucu doute que l’interessé ne peut présenter un arrêté qui le nomme comme administrateur du tourisme, car il n’en a pas sinon le dossier n’allait pas atteindre ce niveau. Aussi, après la délibération de la cour suprême, ils projettent de poursuivre le secrétaire général et son ancien ministre El Moctar devant le tribunal correctionnel pour faux, usage de faux et complicité.

Youssouf CAMARA

L’Indépendant du 13 Juin 2013.