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Plus que par son parcours, elle est connue par son nom. Ministre puis patronne de l’Union africaine (UA), l’énigmatique et discrète Nkosazana Dlamini Zuma reste d’abord, aux yeux de tous, l’ex-femme du sulfureux président sud-africain Jacob Zuma. A 68 ans, Nkosazana Dlamini Zuma, qui a fait son retour jeudi sur les bancs du Parlement, ne fait pas partie des ténors du Congrès national africain (ANC). Mais le soutien du chef de l’Etat en fait l’une des favorites de la course à la présidence du parti. Et pour ensuite prendre celle du pays lors des élections de 2019. « Elle est courageuse », « on peut lui faire confiance », a lancé publiquement M. Zuma en mai. Ce soutien a vite été perçu comme une manoeuvre. En l’installant à sa succession, assurent ses ennemis, le président veut garantir son immunité dans les dossiers judiciaires où il est accusé. Il n’est pas « convaincu de ses qualités de dirigeante », selon Ranjeni Munusamy, commentateur politique, il souhaite avant tout « assurer sa propre survie ». Une sorte de « remariage » d’intérêts donc, entre deux personnalités aux styles bien différents. En public, Nkosazana Dlamini Zuma est aussi grave et discrète que son ex-époux est jovial et démonstratif. Elle se présente comme une féministe, Jacob Zuma est polygame. Elle est perçue comme relativement honnête, quand l’actuel chef de l’Etat est empêtré dans une longue série de scandales. – Lobbyiste – Depuis qu’elle a quitté l’UA début 2017, elle mène une campagne de terrain assidue auprès des militants de l’ANC. Elle est « extrêmement populaire au sein du parti » malgré son « déficit de charisme », souligne à l’AFP Carien du Plessis, auteur d’une biographie à paraître d’ici la fin de l’année. « Elle est très forte pour rallier les gens et faire du lobbying ».Idéologiquement, celle qui arbore des coiffes chatoyantes et des tenues aux imprimés africains défend des positions « anti-occidentales », selon Liesl Louw-Vaudran.AFP