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Il y a 67 ans ce 19 juin 2008 que la France Coloniale nous a volé notre Cheick. A cette occasion nous revisitons quelques lignes forces du très riche ouvrage sur l’Homme de Dieu écrit par Alioune Traoré, dont le titre est « Homme de foi et résistant »

C’était un jeudi, cet autre triste 19 juin en pleine barbarie française de l’année 1941. Nioro du Sahel, le Mali (Soudan) et l’Afrique toute entière n’oublieront jamais et sans rancœur l’injustice faite à Cheicck Hamahoullah et talibés.

Ce 19 juin symbolise : exactions, exécutions sommaires, brimades, déportations, camps de concentration : Kidal, Bourem, Gao, Daloa, Yélimané et que sais je encore ?

C’est en effet, le 19 juin 1941 que le fils de Mahamedou Ould Seydina et de Aïcha Diallo a été arrêté et enlevé à l’aube puis transporté par un avion à Dakar via Kayes.

Ce fut un jour – malheur, jour d’atrocités sur femmes, enfants et adeptes que rien, même le temps dans sa tiédeur et son usure ne pourra gommer. Et aussi la tornade de la grâce divine pour adoucir les meurtrissures des centaines de Hamallistes arrêtés et séquestrés à Nioro du Sahel.

Le 19 juin 1941 : c’est le Gouverneur général BOISSON « méchant et unijambiste » installé à Dakar. A cet administrateur tortionnaire, Hamahoulla a dit : « tu peux m’interdire le port du chapelet, me torturer, même m’empêcher de prier mais tu ne pourras jamais m’empêcher de penser à Dieu. »

De ce 19 juin 1941, faut il rappeler l’itinéraire d’une déportation : départ Nioro du Sahel, 6H du matin par avion, escale à Kayes.
Embarcation dans un vol destination Algérie via Atar (Mauritatnie) et Casablanca (Maroc). Ensuite, toujours en Algérie, Mostaganem, Cassaigne près d’Oran.

Le chérif entre les mains des français quitte Cassaigne malade de bronchite pour Vals les Bains en France, en avril 1942. Ici, souligne Alioune Traoré, « nul ne prit soin de le vêtir de lui donner une nourriture appropriée conforme à ses habitudes et à sa religion »

Et enfin : Evaux les Bains et Montluçon.
Cheick Hamahoullah, l’apôtre de l’humilité enseigne que « si vous êtes frappé sur la joue droite, ne dites rien tendez la joue gauche »

Et Alioune Traoré écrit que face aux Français, le chérif « ne possédait pas un seul fusil ».

Sa foi en bandoulière, il a su œuvrer pour la renaissance d’un islam libérateur. Selon Traoré, « il est un combattant de liberté qui s’est dressé avec dignité et courage au prix de sa vie pour défendre ses convictions. »

Cette flamme ne mourra jamais, Inchallah. Aujourd’hui plus que jamais, le Hamallisme sous la clairvoyance du dernier enfant du Cheick en vie, Ahmedou, le temple s’est élargi et l’idéal d’une société égalitaire, renforcé.

En ce jour de souvenir, les Zawiya entonneront le zikr autour des valeurs léguées du Chérif. Valeurs éternelles de justice, de travail encré dans la liberté et le respect de l’autre.
En ce 19 juin, nous Hamallistes pardonnons cet autre de 1941 mais nous n’oublierons jamais.


Allakadion

19 Juin 2008