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L’état des cultures est bon partout grâce à la régularité et à la bonne répartition des pluies

Dans le cercle de Niono, la campagne agricole 2012-2013 s’annonce sous de bons auspices. Aussi bien dans la zone exondée que dans celle irriguée, les paysans et l’encadrement technique peuvent afficher le sourire. Les pluies qui se sont installées depuis le mois de mai continuent d’arroser le cercle à un rythme régulier. De fait, tous (producteurs, encadrement et autorités locales) espèrent sur de bonnes récoltes.

Lassine Bori Minta est le chef du secteur d’agriculture chargé de la zone exondée. Il note d’abord que par rapport à la situation alimentaire, tous les marchés du cercle sont bien approvisionnés en céréales, même si les prix pratiqués sont assez élevés. Cela tient aux mauvais résultats de la précédente campagne agricole. Les prix pratiqués sont généralement de 300 Fcfa le kg pour le riz, 300 Fcfa pour le mil, 225 Fcfa pour le sorgho, 225 Fcfa pour le maïs.

Le kilo du fonio et du niébé revient à 600 Fcfa tandis que pour l’arachide, il faut débourser 800 pour le kg. Pour la pluviométrie, la quantité des précipitations enregistrée du 1er mai au 20 juillet dans le cercle est nettement supérieure à celle de l’année dernière et à la normale. Le cumul des pluies enregistrées jusque là à Niono est par exemple de 221,5 mm en 20 jours contre 181 mm en 7 jours en 2011 à la même période. A Pogo, le cumul des pluies enregistrées s’élève à 218 mm en 15 jours contre 197 mm en 8 jours en 2011 à la même période.

A Sokolo, le cumul des pluies enregistrées donne 289 mm en 9 jours contre 99 mm en 8 jours à la même période l’hivernage passé. Enfin à Nampala, le volume des précipitations a atteint 181 mm en 6 jours contre 21 mm en 4 jours à la même période en 2011. Ces statistiques prouvent que le cumul des pluies de cette année dépasse largement celui de 2011 à la même période. Commentant l’évolution des cultures dans la zone exondée, Lassine Bori Minta explique que le mil est au stade de levée début tallage, le sorgho au stade de levée début montaison, le maïs et le fonio à la levée feuille.

Pour les légumineuses, le niébé il est au niveau de levée début ramification, l’arachide au stade de levée et le vandzou (Tiganicourou en langue nationale bambara) au stade de levée feuille. Le technicien précise qu’à tous les niveaux, les semis continuent de croître et que la situation phytosanitaire est calme partout pour le moment. Les engrais sont disponibles au niveau des fournisseurs et les quantités stockées dans les magasins couvrent largement les besoins des paysans. Ces derniers ont pu bénéficier de la subvention des engrais pour le mil, le niébé, le sorgho et le maïs hybride.

Ce qui représente un effort financier énorme du gouvernement malgré la crise. Au chapitre des prévisions de la campagne, le chef secteur de l’agriculture explique que 36 470 ha seront mis en valeur pour les cultures céréalières (sorgho, mil, maïs, fonio). Déjà à la date du 20 juillet, 26 828 ha avaient été réalisés soit 73% de taux de réalisation. Les productions attendues sont de 2108 tonnes pour le sorgho, 36 971 tonnes pour le mil, 3 350 tonnes de maïs et 105 tonnes de fonio. Les superficies prévues de légumineuses sont pour le niébé de 700 ha pour une production attendue de 560 tonnes.

Quant au niébé associé, les superficies à emblaver sont de 17250 ha pour une production attendue de 8605 tonnes. Les champs d’arachide couvriront 980 ha pour une prévision de production de 842,8 tonnes. A la date du 20 juillet, 436 ha ont été réalisés pour le niébé pur, 859 ha pour le niébé associé et 330 ha pour l’arachide. Le chef de la division appui au monde rural de la zone de production de l’Office du Niger de Niono, Amadou Kébé, confirme que la physionomie de la campagne est bonne dans l’ensemble dans la zone de Office du Niger et, particulièrement, dans la zone de production de Niono.

Ici, les travaux champêtres en cours sont le labour, le repiquage et la fertilisation des parcelles. Le repiquage est fait à 35%. Le taux de couverture de l’approvisionnement des paysans en intrants est estimé à 72%. Grâce à la subvention gouvernementale, les intrants sont vendus 12 500 Fcfa le sac. Les difficultés signalées par Amadou Kébé sont relatives à l’insuffisance des équipements et de la main-d’œuvre. Aucune attaque de maladie, ni de déprédateurs n’a été pour le moment signalée par les exploitants agricoles dans la zone de l’Office du Niger, souligne-t-il.

Dans la zone de production de Niono, la campagne prévoit la mise en valeur de 13 988 ha de riz pour une production attendue de 90 775,14 tonnes. La production devrait être de 6,490 tonnes à l’hectare. Pour l’ensemble des 7 zones de production de l’Office du Niger (Niono, Kolongo, Ké Macina, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Bèwani), il est prévu de mettre en valeur 99 779 ha pour produire 630 649,71 tonnes. Pour l’ensemble de l’Office, le rendement à l’hectare attendu est 6,320 tonnes.

Mardi 31 juillet 2012, par C. O. Diallo (AMAP Niono)

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