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Le président nigérian Goodluck Jonathan a perdu mercredi la majorité au Parlement après que 37 députés de son parti ont rallié l’opposition, dernières défections en date au sein du parti présidentiel confronté à des divisions sans précédent. A l’instar des Etats-Unis, le régime politique est présidentiel au Nigeria. Le président pourra donc continuer à gouverner, mais il risque de devoir faire des concessions à l’opposition. Et sa position est affaiblie au sein de son propre parti. Le président devrait être candidat à sa propre succession, bien qu’il ne l’ait pas encore annoncé. Mais des factions au sein du PDP s’y opposent, réclamant qu’il cède la place à un candidat musulman originaire du nord du pays, pour respecter la règle tacite de l’alternance des candidats, entre un natif du Nord majoritairement musulman et un candidat du Sud à dominante chrétienne. Pour l’instant, le camp de Jonathan détient toujours 74 sièges sur 109 au Sénat, mais, selon M. Thomas, si le président nigérian y perd aussi la majorité, il va être contraint de faire des concessions majeures à l’opposition. Depuis l’indépendance en 1960, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 170 millions d’habitants et premier producteur de pétrole du continent, n’a pas vraiment connu d’alternance démocratique entre le parti au pouvoir et l’opposition. AFP