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La situation politique au Mali s’est invitée dans le débat face-à-face qui a eu lieu, le mercredi 3 mai dernier, entre le président français sortant Nicolas Sarkozy et son challenger François Hollande. Interrogés par nos confrères de France 2 et de TFI sur la question sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne, le candidat à sa propre succession Nicolas Sarkozy a fait un commentaire sur la situation au Mali. Pour lui, « il n’y avait aucune raison de faire un coup d’Etat au Mali ». Ainsi, c’est la deuxième fois que le président français se prononce publiquement sur le renversement du président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré.

La première fois, il était sur les antennes de RFI où il a dit que : « le coup d’Etat au Mali était scandaleux ! Le président sortant ATT ne se représentait pas ! Les élections et la campagne électorale se déroulaient sans problèmes majeurs. Certes, il y avait le problème de la rébellion et des agitations d’Aqmi au nord du Mali, mais, il n’y avait aucune raison pour ce coup d’Etat ».

Le Pouvoir, la vraie motivation du coup d’Etat

En effet, « le manque d’armement » évoqué par le capitaine Sanogo et le Comité National de Redressement de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat (CNRDRE), cache mal leur véritable intention : Faire main basse sur la gestion du pays. Sinon comment comprendre que la question du nord soit devenue le dernier des soucis des putschistes qui se battent contre vents et marées pour diriger le pays à travers une transition. « Il n’y aura pas une heure de plus sur le délai de l’intérim.

Au moment venu, nous (l’armée) allons prendre toutes nos responsabilités » a déclaré le capitaine Sanogo face à la décision de la CEDEAO de prolonger le mandat du gouvernement de transition et celui du président par intérim d’une année.

Aujourd’hui, face aux agissements des membres du CNRDRE et de leurs associés les Maliens ont compris que ceux-ci ne sont pas là pour la reconquête du nord-Mali tombé entre les mains des bandits-armés à la faveur du coup d’Etat. Pire, les Maliens et le monde entier ne comprennent pas non plus pourquoi encore, les arrestations arbitraires et la chasse aux sorcières avec son corolaire de pilage non seulement des biens de l’Etat, mais également ceux de citoyens.

Du Lundi au mercredi, Bamako ressemblait à un champ de guerre à travers la présence des militaires lourdement armés qui se pavanaient dans la ville à la recherche des éléments de la garde présidentielle restés fidèle à l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré.

Au lieu d’aller se battre au nord sous le contrôle des bandits armés, les hommes du capitaine Sanogo préfèrent montrer toute leur puissance dans la capitale à travers des méthodes peu orthodoxes. Des comportements qui ont mis à genou le Mali, un pays cité en exemple en matière de démocratie et qui était résolument engagé dans la voie du développement. Pour tout dire, le pouvoir apparait comme le vraie motivation du coup d’Etat. Et cela n’est pas admissible dans un pays démocratique comme le Mali.

Alassane DIARRA

04 Mai 2012