Partager

Nos États doivent renforcer la vigilance

Pour particulièrement tous ceux qui sont victimes de la barbarie du terrorisme ou qui combattent les terroristes, c’est forcément une bonne nouvelle. Un des importants chefs terroristes d’Al Quaida au Maghreb islamique (AQMI) a été envoyé ad patres par les forces françaises de Barkhane. Malheureusement, il y a eu deux victimes collatérales, qu’il convient de déplorer. Il s’agit d’une femme et d’un adolescent, présents sur les lieux au mauvais moment. Mohamed Ag Almouner alias « Tinka », très influent au sein du groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) puisque c’est de lui qu’il s’agit, a trouvé la mort le 26 août dernier dans la région de Ménaka, au nord Mali, suite à une frappe aérienne de l’armée française. L’homme s’était fait remarquer en conduisant l’assaut qui a coûté la vie à quatre soldats des forces spéciales américaines et quatre soldats nigériens en mai 2017, signant au passage son arrêt de mort.

Avec, de son vivant, une telle capacité de nuisance, on peut considérer la neutralisation de Tinka comme une épine enlevée du pied des Forces coalisées. L’on vient, peut-être là, de sauver plusieurs vies humaines dans les pays comme le Mali, le Niger ou encore le Burkina Faso où près de 7 soldats ont péri, hier, 28 août 2018 alors qu’ils partaient porter secours à leurs frères d’armes victimes, eux aussi, d’une attaque terroriste dans l’Est du pays. La neutralisation du leader terroriste au Sahel peut être considérée comme une avancée majeure dans la lutte contre le péril terroriste. Mais il est certain que beaucoup reste encore à faire.

Il faut toujours garder l’arme au pied

Car, la mort de Tinka n’est qu’un infime chapitre de ce qui reste à faire pour vaincre le mal. En effet, beaucoup de chefs ou leaders des groupes terroristes sont toujours dans la nature, faisant de plus en plus de victimes. De leurs cachettes, ils planifient ou coordonnent les actions de terreur dans les différents Etats. Et ce n’est pas le pays des Hommes intègres qui dira le contraire ; lui qui, depuis quelques années, est dans l’œil du cyclone.

Certes, l’adage dit que « lorsque la tête du serpent est coupée, le reste n’est qu’une corde » mais, dans le cas d’espèce, il faut toujours garder l’arme au pied. Car, même en décapitant les têtes des groupes terroristes, les pays de la région, avec l’appui des forces étrangères dont il faut saluer l’action, sont conscients que les forces du mal répliqueront tôt ou tard. Car l’histoire a démontré que les terroristes savent rendre « coup pour coup ». En témoigne la double attaque de l’Etat-major des armées burkinabè et de l’Ambassade de France, menée le 2 mars 2018 en représailles d’une précédente offensive des forces antiterroristes sur des positions djihadistes. C’est dire si après la mort de Tinka, les Etats de la sous-région, notamment ceux du G5 Sahel, se doivent de renforcer la vigilance. Avec ces fous d’Allah ou prétendus tels, on ne sait jamais ni le jour, ni le lieu où ils frapperont encore.

Michel NANA
Le Pays du 29 Août 2018