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Décidemment, les autorités de la transition ne cessent de surprendre les Maliens par des actes crapuleux qu’elles posent à longueur de journée. Après la radiation de 263 fonctionnaires de la fonction publique, l’affaire de l’achat de 200 véhicules tout terrain, un autre scandale du siècle éclabousse le gouvernement de Diango Cissoko. Il s’agit de l’intégration de façon frauduleuse dans la fonction publique de Mme Maïga Sina Damba, ancienne ministre sous l’ère ATT.

Apprécié par les uns pour son courage et au-dessus de tout soupçon pour les autres, le ministre de la Fonction publique, du Travail et chargé des Relations avec les institutions, Mamadou Namory Traoré, vient d’afficher son vrai visage à ceux qui avaient déjà érigé un monument d’homme «intègre» à son nom. Il regagne ainsi le rang de ses autres ministres qui ne jurent que par le népotisme, le clientélisme pour caser des protégés.
Son acte du 2 mai 2013 en dit long sur son comportement d’homme courageux qui avait pris rendez-vous avec l’Histoire pour assainir la fonction publique pour le bonheur des Maliens. Mais avec l’intégration de l’ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba dans la fonction publique, le ministre Traoré a déçu tous les espoirs.

Par Arrêté N°2013/1808 en date du 2 mai 2013, le ministre de la Fonction publique intègre dix (10) personnes dans la fonction publique dont Mme Maïga Sina Damba. L’article 1 de l’Arrêté stipule que c’est en application des dispositions de la loi N°09-035 du 10 août 2009, susvisée, que ces contractuels, en service au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, admis au contrôle, sont intégrés dans la fonction publique de l’Etat à compter du 1er janvier 2013.
Pour ce qui est de la directrice générale de l’Agence pour la promotion de l’Emploi des jeunes (APEJ), née le 16/11/1957 à Nioro, elle intègre le corps des administrateurs civils : N°Mlle 0115. 202- L, 3éme classe, 1er échelon, indice 351.
Monsieur le ministre, ce n’est pas à 56 ans, à six (6) ans de la retraite qu’on doit intégrer une personne à la fonction publique. Mme Maïga a toujours évolué dans le domaine des ONG.
Questions : Monsieur le ministre, depuis quand votre nouvelle intégrée est contractuelle ? Elle va- t- elle bénéficier de la pension ? Quand on sait que c’est à partir de quinze (15) ans de service au minimum qu’on en bénéficie.

La disposition dont le ministre de la Fonction publique fait allusion est caduque depuis 2011. La loi N°09-035 du 10 août 2009 avait été adoptée uniquement par l’Assemblée nationale dans le but d’intégrer les contractuels dans la fonction publique de l’Etat. Ainsi tous les enseignants contractuels ont bénéficié des dispositions de cette loi.
Ceux qui ne pouvaient pas intégrer directement la fonction publique ont été soumis, d’une part, au contrôle d’aptitude, et d’autre part, au test de contrôle en 2010 et 2011. Ces tests ont ainsi mis fin à l’application des dispositions de la loi d’intégration dans la fonction publique.
Si le ministre dépoussière cette loi pour intégrer d’autres personnes, il viole ainsi la loi. D’autant plus le décret N°038, portant recrutement des contractuels, a été abrogé par un décret du 11 février 2011 qui ne recrute désormais que les catégories D et E dans la fonction publique. En terme clair, les catégories A doivent se soumettre aux conditions des concours d’intégration.

Alors pour quoi le ministre Mamadou Namory Traoré ne respecte pas l’esprit des textes ? Une autre patate chaude dans les mains du ministre. Parce que la réaction des 263 radiés ne se fera pas attendre.
Wait and see.

Yoro SOW

L’inter de Bamako du 20 Mai 2013