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«Nous n’avons pas accepté que Dioncounda dirige la transition.» C’est en ces termes que le président d’un parti politique a expliqué le contenu de la déclaration issue du dialogue politique inter-malien qui s’est tenu à Ouagadougou les 14 et 15 avril 2012. Le message en dit long sur le fossé qui existait entre deux tendances qui ont pris le vol pour la capitale burkinabé pour la gestion de la transition politique.

Près d’une centaine d’acteurs politiques, de la société civile et des représentants de la junte militaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour la définition d’une feuille de route pour la transition politique conformément à l’accord-cadre du 6 avril 2012. Les quarante huit heures (48) de discussions ont abouti à un «accord» : les principaux acteurs de la transition, notamment le premier ministre et les membres du gouvernement de transition ainsi que les membres du CNRDRE ne peuvent se présenter à la prochaine élection présidentielle.

La déclaration qui a sanctionné la rencontre exige la création d’un département ministérielle chargé des questions humanitaires dans la zone sahélo-saharienne. Le premier round des «négociations», le 14 avril, n’avait abouti qu’à l’ouverture d’un corridor humanitaire dans cette région occupée par des mouvements armés. Ce département s’occupera de la situation humanitaire très préoccupante dans cette partie du pays.

La durée de la transition sera définie par un cadre de concertation des forces vives de la nation, dont la création a été vivement souhaitée. Ce cadre de concertation aura pour mission de veiller à l’exécution de la feuille de route et du bon fonctionnement des organes de transitions. Ce dialogue politique n’a pas non plus fait avancer la question de la nomination du chef de gouvernement de transition. Le président intérimaire aura la charge de signer son décret de nomination mais le choix de la personne découlera d’un consensus entre le médiateur burkinabé et le CNRDRE.

Les points des désaccords, dont la plus emblématique question du président de la transition, sont aussi renvoyés à l’appréciation du cadre de concertation. Selon nos informations, une majorité s’est dégagée contre la légitimité du président par intérim de gérer cette transition. La durée de cette transition dépendra des facteurs comme le rétablissement de l’intégrité du territoire et l’établissement d’un fichier électoral crédible pour la tenue des élections. Ce sont des données encore aléatoires.

Seydou Coulibaly

16 Avril 2012

©AFRIBONE