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Sauf changement de dernière minute, c’est en principe aujourd’hui 10 juin que doivent prendre fin les négociations directes entre les protagonistes du conflit inter-malien ; lesquelles négociations ont débuté le 8 juin dernier. Tous les espoirs ou du moins tous les regards sont donc tournés vers Ouagadougou, la capitale burkinabè et le médiateur Blaise Compaoré. Celui-là même qui revient en force sur la scène, après un temps de chômage, avec les derniers événements d’Anefis (du nom de cette bourgade malienne qui a connu les affrontements entre l’armée malienne et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Ces derniers événements, il faut le dire, ont envenimé les relations entre Bamako et les groupes armés du Nord-Mali. Les négociations ouvertes à Ouagadougou tournent, selon le plan du médiateur, autour de quatre points essentiels que sont « la cessation des hostilités, le redéploiement de l’administration générale, des forces de défense et de sécurité au nord du Mali et en particulier à Kidal, la création d’un mécanisme de suivi et d’évaluation comme mesure d’accompagnement et la poursuite des pourparlers de paix après la présidentielle, en vue de l’établissement d’une paix définitive ». Si les acteurs arrivent à un consensus, cela devra permettre de parvenir à un accord-cadre. De toute évidence, ce serait à l’honneur du médiateur si l’on parvient à un tel accord.

Cependant, comment résoudre réellement le conflit malien ? En effet, la crise malienne, quoi que l’on dise, ne date pas d’aujourd’hui et les différents accords n’ont jamais abouti, la plupart dormant plutôt dans les tiroirs. Organiser donc des élections dans un tel contexte et dans un bref délai, ne sera pas chose aisée car, le temps joue contre Bamako et un report des élections ne sera pas une surprise. S’il est vrai que la tenue de l’élection présidentielle le 28 juillet prochain est une urgence, il n’en demeure pas moins que le désarmement des groupes armés, notamment du MNLA, reste une équation qu’il faut résoudre, et ce à tout prix.

Tout accord sans ce préalable sera bancal pour ne pas dire boiteux. Parce qu’acculés de part et d’autre, les protagonistes peuvent se contenter de signer des accords mais reste à savoir s’ils vont réellement les respecter. Qu’en sera–t-il si l’un des camps venait à violer un accord d’ici les élections ? Le problème malien ne se résume pas seulement aux élections, il est plus complexe que cela . C’est pourquoi tous les acteurs devraient être invités à ces discussions.

Et même Sanogo que bien des dirigeants de la sous-région voudraient voir envoyé ad patres, devrait être partie prenante aux négociations. Mais les protagonistes maliens sauront-ils seulement mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de leurs intérêts partisans et égoïstes ? En tous les cas, pourvu que les conclusions qui sortiront de ces pourparlers mettent définitivement fin à cette tragédie récurrente qui date déjà de plusieurs décennies et qui met à rude épreuve l’unité et la cohésion sociales. C’est tout le mal qu’on souhaite au pays de Soundiata Kéita.

Publié le dimanche 9 juin 2013

Source : Lepays.bf