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Malgré les propositions du gouvernement d’augmenter les revenus des enseignants à hauteur de 50 % et de doubler le taux des heures supplémentaires, ceux-ci ne veulent rien comprendre d’autre que la satisfaction entière de leurs doléances. Et pourtant les salaires peuvent être considérés déjà comme conséquents.

Adoption de statuts et de plans de carrière, majoration de la grille de rémunération en vigueur des primes et indemnités, majoration des taux des heures supplémentaires assortie d’une rationalisation et d’une transparence de leur gestion, intégration dans la fonction publique, plan de développement de l’enseignement supérieur (2011-2015) et des mesures d’accompagnement… Ce sont là les grands axes des nouvelles propositions du gouvernement au Snesup.

L’impact financier est réel.

C’est pour informer les familles fondatrices de Bamako, des chefs de quartier, les confessions religieuses, la société civile de ces points que le Premier ministre a organisé vendredi une rencontre à la Primature.
Des explications du chef du gouvernement, on peut retenir que sur le volet financier, l’incidence des propositions faites au syndicat est de 1 781 212 534 F CFA. Elles entraîneront une augmentation des rémunérations des enseignants et chercheurs en moyenne de 47,02 % avec un salaire moyen de 462 799 F CFA.

Ainsi le revenu mensuel d’un assistant ou d’un attaché de recherche débutant passera de 233 322 F CFA à 344 370 F CFA, soit une hausse de 121 048 F CFA (54,20 % d’augmentation). Le revenu mensuel d’un maître-assistant ou d’un chargé de recherche débutant passera de 259 374 F CFA à 398 225 F CFA, soit une hausse de 138 851 F CFA (53,53 % d’augmentation).

Des hausses de 100 000 F CFA et plus

Pour les maîtres de conférence et les maîtres de recherche débutants, le revenu mensuel passera de 279 880 F CFA à 413 135 F CFA, soit une hausse de 133 255 F CFA (47,61 % d’augmentation). Pour les professeurs et les directeurs de recherche débutants, leur revenu mensuel passera de 314 609 F CFA à 439 342 F CFA, soit une hausse de 124 733 F CFA (39, 65 % d’augmentation).

Les médiateurs pensaient qu’avec ces propositions jugées d’avancée par l’opinion, on croyait que c’était la fin de la grève illimitée, mais le Snesup a jugé insuffisantes les propositions du gouvernement et refusé de lever son mot d’ordre de grève illimitée au grand dam des médiateurs.

Le point de blocage se trouve au niveau de l’alignement des salaires sur ceux de la sous-région (Niger) et la nouvelle hiérarchisation. S’agissant du premier point, le gouvernement affirme que les salaires des enseignants varient d’un pays à un autre. A titre d’exemple au Niger que le Snesup prend comme référence, le salaire mensuel d’un assistant ne dépasse pas 294 000 F CFA contre 344 370 F CFA (avec la nouvelle proposition) pour l’assistant malien.

Sur la hiérarchisation, le gouvernement, aux dires de Modibo Sidibé, estime que cette exigence des enseignants est contraire aux textes du Cames. Il a demandé une plus grande implication de la société civile pour une reprise des cours. Les médiateurs ont promis de s’investir pour sauver l’année, car il ne reste plus de temps pour cela.

Amadou Sidibé

07 Juin 2010.