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La délégation malienne conduite à Alger par le Général Kafougouna Koné, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, pour sceller la paix avec les rebelles du nord Mali, retourne à Bamako aujourd’hui, avec la satisfaction d’une mission accomplie avec succès. Les avantages d’une médiation réussie.

La délégation officielle malienne à Alger pour prendre langue avec leurs frères rebelles du nord a réussi sa mission. En vérité, la délégation n’a eu aucun mal à se mettre d’accord avec les rebelles grâce à un travail d’entente effectué en amont par le médiateur algérien. Ainsi partie le samedi 28 juin, ces représentants de l’Etat malien regagnent Bamako aujourd’hui, apprend on de source crédible.

Cette délégation conduite par le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné, comprend l’Inspecteur général de Police Mahamadou Diagouraga, président du Comité de Suivi de l’Accord d’Alger. Elle sera renforcée par l’Ambassadeur du Mali en Algérie, Mahamadou Magassouba, le Consul du Mali à Tamanrasset, Namakoro Diarra etc…

Avant de convier à Alger les représentants de l’Etat malien pour qu’ils se mettent à la même table avec les rebelles du nord, le Médiateur algérien, artisan de cette rencontre a pris soin d’arrondir les angles de la divergence entre les parties au conflit.

Un des préalables était de gagner l’unification des différents groupes armés qui opéraient au nord Mali. Cette étape a été franchie avec succès grâce à une parfaite maîtrise de la situation par l’Ambassadeur de l’Algérie au Mali Abdelkrim Gheraieb, qui est l’unique Médiateur dans ce conflit entre le pouvoir de Bamako et les rebelles du nord.

Hier, à l’ouverture des négociations à Alger, grâce à une médiation réussie, les représentants du gouvernement malien ont trouvé sur place des interlocuteurs disposés au dialogue, à déposer les armes et à s’embarquer dans le navire de la paix. Un navire Mali qui a tant tanguer parmi les vagues de la vie chère, les incompréhensions sur le front scolaire et le conflit fratricide.

Les négociations d’hier entre les représentants de l’Etat et les rebelles du nord Mali, peuvent en réalité se résumer en des retrouvailles entre les parties disposées à parapher la paix et à enterrer définitivement la hache de guerre dans le septentrion malien.

Satisfaite d’une mission accomplie avec succès, la délégation malienne à Alger retourne aujourd’hui à Bamako. La facilité avec laquelle les représentants du gouvernement malien ont effectué leur mission, et le constat d’une accalmie sur le terrain traduisent l’efficacité de la médiation algérienne.

Le retour de l’Algérie dans la médiation, après un temps de retrait, s’est fait dans un contexte particulièrement difficile, marquée par la pluralité des groupes armés dont certains ne se réclamaient pas de l’Alliance du 23 mai pour le Changement et la démocratie, signataire de l’accord d’Alger du 4 juillet 2006.

Or sait-on, le Médiateur algérien qui est également un des rédacteurs de l’Accord d’Alger est irréductible sur la question de l’Intégrité territoriale et de l’Unité nationale du Mali.

Pour avoir introduit dans le préambule de l’Accord, le respect de la troisième République et de la Souveraineté de l’Etat malien sur toute l’étendue du territoire, le Médiateur a exigé de tous les groupes rebelles, sa reconnaissance dans toutes ses dispositions. Ainsi l’Accord d’Alger reste un document qui s’impose à l’Etat malien dont c’est une loi, mais aussi à tous les groupes rebelles qui sont des Maliens.

C’est pourquoi depuis le 21 juin, tous les groupes rebelles étaient en réunion à Alger sous l’égide du Médiateur. L’objectif était de les amener à souscrire sans ambages à l’Accord d’Alger seul cadre de discussion et de résolution définitive de la rébellion.

Après une semaine d’entrevue entre les différents groupes armés qui ont, semble-t-il prêté une oreille attentive aux suggestions qui leur ont été faites, l’Algérie vient de réussir une explication franche et positive entre les fils du pays qui se sont finalement mis d’accord. Cela est une réalité depuis le 30 juin 2008.


Pourquoi une unification des groupes armés ?

Il y a une semaine plusieurs factions de la rébellion se sont retrouvées à Alger sous la médiation algérienne pour tenter de trouver une solution à la crise.

Les figures notables de la rébellion touareg, Ibrahim Ag Bahanga, le colonel Hassan Ag Faghagha, le porte-parole de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement, Hama Ag Sid Ahmed et Ba Moussa Ag Mossa étaient en conclave, sous l’égide de l’ambassadeur d’Algérie à Bamako, Abdelkrim Gheraieb, en vue de parvenir à un unification de leurs groupes dans le cadre de l’accord d’Alger.

Le médiateur algérien qui a repris le dossier, il n’y a un peu plus d’un mois, aura réussi à mettre les belligérants autour de la table de négociations et à se mettre d’accord. Avant cette reprise les unités spéciales ont connu une désintégration avec le départ de l’armée de plusieurs éléments touareg dont des officiers supérieurs qui ont regagné la rébellion. Ces unités spéciales avaient été mises en place en application de l’Accord d’Alger.

Sa dislocation a causé un recul sans précédent du processus de paix au nord Mali.
Aujourd’hui, le Médiateur est parvenu à l’unité entre les groupes rebelles dans le cadre de l’accord d’Alger. Il reste à obtenir la libération des otages qui sont au nombre de plusieurs dizaines entre les mains d’Ibrahim Ag Bahanga.

B. Daou

01 Juillet 2008