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Notre compatriote, M. Tiébilé Dramé, conseiller spécial du chef de l’Etat, chargé de négocier avec les groupes terroristes du Nord a fait une bonne rectification en incluant dans les négociations les autres groupes du Nord qui sont le MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), le Mouvement Gandakoy et les autres groupes sédentaires et peulhs. Mais, il ne faut pas que ces négociations aboutissent à un accord flou, signé et qui va engager et l’ONU (Organisation des Nations unies), l’UA (Union africaine), notre pays le Mali, surtout le gouvernement qui viendra des élections. Il ne faut pas surtout nous ramener en arrière comme en 1992 avec la signature dans la précipitation du Pacte national et surtout celui d’un accord bidon d’Alger en 2006.

Le problème du nord n’est rien d’autre qu’un problème de justice et de gouvernance. Il faut rendre la justice à tous les niveaux où elle doit être rendue et lutter contre la corruption et l’impunité. C’est la France qui complique toujours les choses au nord de notre pays car c’est elle qui parle toujours de «l’identité touareg». Ce mot vient d’être prononcé par François Hollande qui a eu le prix de la fondation Houphouët- Boigny (l’homme qui porte le nom de cette fondation a vendu l’Afrique aux Français. Il a à son actif la mort de plusieurs étoiles brillantes africaines).
M. François Hollande doit savoir qu’il y a plusieurs identités au Mali à côté de cette identité touareg. Il y a les identités Bwa, Soninké, Bambara, Songhaï, Peulh, Sénoufo, Khassonké, Bozo, Somono, Sorko, Dogon, etc. Il ne faut pas qu’il fasse de l’amalgame à travers des jeux de mots.
A travers tout le comportement des touaregs, on sent et voit le racisme. Il y’a des pays qui ont le complexe de la couleur et ces pays en fait soutiennent les Touaregs parce qu’ils sont blancs. Ces pays sont la Mauritanie et le Soudan.

A la réponse d’une question posée par un fidèle à un iman dans une mosquée du nord à savoir : «Le jour de la résurrection, Dieu va réunir les gens en ethnies,c’est- à-dire, voici les sonrhaïs, les bellahs, les arabes, les touaregs, etc. ?». «Non !» dit l’imam. «Dieu va réunir les gens non pas en ethnies et races mais en tant que, Hommes et fils d’Adam».
Avec la proposition du conseiller spécial du chef de l’Etat et des évènements survenus la semaine dernière concernant la chasse à la race noire à Kidal, les gens ont vu la vraie face du MNLA et de ses associés du MIA et de HCUA (Haut Conseil Unifié de l’Azawad). Les intentions françaises ne sont rien d’autres qu’une manière de sauver leurs protégés, les touaregs. Si non, les touaregs ne sont pas plus minoritaires que le peuple Bwa. Il faut reconnaitre que c’est la France qui a transporté dans ses bagages le MNLA en rentrant au Mali pour chasser le MUJAO, AQMI et associés.

Le MNLA doit savoir qu’il ne représente ni aujourd’hui, ni demain les nomades, les sédentaires et les autres ethnies du nord Mali. Mahamadou N’Djéri Maïga, le chasseur d’hippopotame qui est parmi eux, ne représente même pas sa propre tête. Certains peulhs du Niger qui ont rejoint le MUJAO et associés, l’ont fait uniquement pour contrecarrer les exactions des doussahaqs de Ménaka.
Et si le gouvernement de transition respecte la justice de son pays, aucun parmi les gens du MNLA et associés qui ont reçu un mandat d’arrêt ne doit figurer parmi les négociateurs. Mais la vérité est que, il ne doit même pas avoir de négociations entre notre pays et cette horde de terroristes. Le peuple malien dans sa majorité est très hostile à cette négociation.
L’armée malienne doit rentrer à Kidal sans aucune condition. Elle est dans son plein droit. Il revient à la justice et à l’administration de faire le travail. Le rôle de notre armée est connu de tous : la défense de l’intégrité de notre territoire et la sécurité des personnes et de leurs biens. Il ne faut pas que notre armée tombe dans le piège de ses ennemis intérieurs et extérieurs. Le gouvernement du Mali doit incriminer le mot «Azawad» et les maliens doivent désormais boycotter tous les produits qui portent le nom Azawad.
Notre pays doit empêcher toute association armée en dehors de notre armée nationale qui sera la garantie de notre sécurité à nous tous et de nos biens.

Il faut empêcher la guerre civile, quel que soit le prix à payer.
Que Dieu amène la paix et la quiétude dans le cœur et les esprits de tous les maliens.

Vive la paix et vive le Mali.

Yacouba Aliou Bamako.

L’Inter de Bamako du 10 Juin 2013