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La France n’a jamais accepté de négocier avec des terroristes encore moins avec des narcotrafiquants. Pourquoi alors imposer à un Etat souverain ce que vous n’accepter jamais ? Le massacre d’Aguelhok est encore bien vivant dans l’esprit de tous les maliens épris de justice. Les rebelles Touaregs ont égorgé à Aguelhok plus de 100 soldats maliens. Heureusement le fils de Dioncounda n’était pas parmi ses soldats égorgés. Aujourd’hui plus que jamais, les milliards d’euros mis à la disposition du Mali ne suffisent pas à laver l’humiliation faite par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) à notre Armée. Le président par intérim a-t-il bien réfléchi avant d’agir ?

Si les hommes sont égaux en droit, ils doivent l’être en fait. S’ils sont égaux au départ, ils doivent l’être de même à l’arrivée. Et la démocratie dit-on est le règne du droit et de la justice. Mais avec le Pr Dioncounda Traoré c’est le népotisme qui a remplacé la démocratie.
Jamais notre pays n’avait subi une telle humiliation auprès de la communauté internationale. Dioncounda Traoré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, imposé président par intérim du Mali par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est demeuré une vraie marionnette entre les mains de la France de HOLLANDE. Ils ont fait perdre aux maliens toute leur dignité et leur honneur.

Quant à l’orgueil et la fierté du Malien ils ont été simplement bafoués politiquement. La force politique de Dioncounda (Front uni pour la démocratie et la République -FDR) n’a pas été affectée par la crise au contraire, elle s’est accaparée de tous les postes stratégiques et juteux.
Marx, en posant les fameuses contradictions du capitalisme constatait qu’on ne peut prolonger longtemps une partie, dès lors que ce sont toujours les mêmes qui raflent. Des phénomènes cumulatifs qui assurent l’enrichissement des uns et l’appauvrissement des autres. Des faits qui créent des déséquilibres intolérables, crise, blocage, révolution.
D’une façon ou d’une autre ça va craquer. Le Président par intérim de l’Assemblée nationale, de son coté, a recruté vingt (20) militants de son parti, Union pour la démocratie et la République (URD) au niveau du Parlement comme chargés de mission ou conseillers spéciaux. La quasi-totalité des anciens ministres de l’Adema sont nommés conseillers spéciaux à la Présidence de la République.

Le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Tiéman Hubert Coulibaly, neveu de Dioncounda Traoré, (sans cursus universitaire), a tout simplement nommé son propre cousin, Soumaila Coulibaly dit Maxi, directeur des Finances et du Matériel (DFM) de son département. Bien que ce dernier trainerait des casseroles à l’ex-DAF du ministère de l’Education nationale et de la promotion des langues nationales.
Ces dysfonctionnements contribuent plutôt à la création de circuits parallèles de corruption et de fuite de ressources dans l’indifférence de la haute autorité de l’Etat et d’une opinion publique divisée. Cette dernière reste pour plusieurs raisons détournée des vrais objectifs d’avenir.

Que nous reste-t-il?

La situation du pays est très difficile et complexe à tous les niveaux. Surtout sur le plan politique. Le népotisme politico-ethnique facilité par la corruption fait que l’intérêt national du pays et l’avenir de la Nation ne préoccupent personne. Chaque ministre tend absolument à se servir et à servir son parti ou les intérêts des siens. Cela se sent, se voit à travers les actes posés par les ministres et les Présidents des Institutions.

La qualité des ressources humaines y est déterminante. Or, aucun signe favorable ne semble se dessiner à deux petits mois de la fin de la transition. Dans ce gouvernement présidé par Dioncounda Traoré et dirigé par Diango Sissoko, ce sont les scandales financiers qui se succèdent. Dès lors on comprend aisément, la course des formations politiques pour leur entrée dans le gouvernement.
La compromission de l’avenir économique d’un pays comme le notre est la conséquence du népotisme, de cupidité des dirigeants des vingt dernières années. Il me semble que nous évoluons vers une catastrophe : trois milliards d’euros = prix de la négociation avec le MLNA. Professeur ! Avez-vous vendu le Mali aux parrains du MLNA ?

Amy SANOGO

L’Inter de Bamako du 27 Mai 2013