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Si le coup d’Etat du 22 mars 2012 a eu un effet positif, c’est sans nul doute celui d’avoir permis au peuple malien de prendre toute la mesure de la crise sécuritaire qui menaçait l’existence même du pays. Car, il est établi que l’Etat n’existait plus, tout partait de ATT et tout revenait à lui et à sa famille.
Cette menace qui planait sur l’existence même du pays a dès lors éveillé la fibre patriotique des Maliens qui sont devenus très regardant sur les questions liées à la gestion du pays.

Les autorités de la transition, en cheminant avec les autorités françaises, savaient pertinemment qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que de trouver une autonomie, à la limite du fédéralisme, pour la région de Kidal. Le charlatanisme des bailleurs de fonds, de l’Union européenne, de la Suisse, n’avait d’autre but que de marquer la conscience nationale par cette pluie de milliards d’euros qui serait déverser sur notre pays après leur forfaiture.

La France a toujours sous- estimé les dirigeants africains, raison pour laquelle elle ne change pas de méthode ; mieux la France les tient parce qu’elle ne s’est jamais préparée économiquement et financièrement à se passer de ses anciennes colonies. L’illustration la plus parfaite est le maintien du franc CFA.

Le blocage, constaté dans la signature de ce fameux préaccord, est le fait de cette forte pression que l’opinion nationale exerce aujourd’hui sur les autorités de la transition dans leur ensemble. Le chef de l’Etat par intérim est plus que jamais coincé entre le marteau de la communauté internationale, qui le tient déjà pour responsable d’un éventuel échec de la négociation avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), et l’enclume d’une population malienne plus que jamais mobilisée autour de sa patrie.

Donc, au-delà de toute cette familiarité de mauvais goût que Dioncounda s’est créée avec François et Valérie, qu’il a maladroitement étalé au siège de l’UNESCO, le peuple malien exige l’intégrité de son territoire et le déploiement sans condition de son armée à Kidal.

Yoro SOW

L’Inter de Bamako du 17 Juin 2013