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Toute chose qui caractérise, à ses yeux, «la banalisation de la lutte contre la corruption et la délinquance financière». En conséquence, le Collectif demande une immunité pour le Vérificateur général dans l’exercice de son mandat afin qu’il puisse poursuivre, sans être inquiété, sa mission de dénonciation des atteintes aux biens publics à quelques échelles que ce soit.

Ils étaient une centaine de personnes dont l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, à répondre à l’appel du Collectif pour la démocratie et la justice (CDJ) afin d’apporter un soutien indéfectible au Vérificateur Général, Sidi Sossoh Diarra.

Qui, dans un premier temps, a été inculpé pour «entrave à la liberté de travail» et, dans un second temps, s’est retrouvé sous le coup d’une menace de poursuite judiciaire pour «détournement de fonds publics et non respect de procédure de passation de marché».

Face à cette situation, le Collectif pour la démocratie et la justice, qui regroupent six associations, à savoir l’AJDP de Youssouf Maïga, l’ADVR de Amadou Diawara, l’ADIDE de Souleymane Diallo, la JLD de Tiéoulé Diabaté, le CRAJ de Mahamane Mariko et l’APPVS, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il appelle «la cabale juridico-politique et médiatique ourdie par les ennemis du peuple contre Sidi Sossoh Diarra».

Ainsi, le Collectif, après avoir mis l’accent sur l’importance de la mission du Vérificateur Général dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière, la nécessité d’assainir les finances publiques au Mali, a fustigé l’institutionnalisation de l’impunité et de l’injustice, le manque de volonté politique des plus hautes autorités du pays à soutenir le Vérificateur Général.

jpg_m3-2.jpgPar conséquent, il «demande au peuple de soutenir le Vérificateur Général dans sa mission de lutte contre la corruption et la délinquance financière, demande également la cessation immédiate de toutes les actions de nuisance contre lui. Aussi, le Collectif demande aux plus hautes autorités de reconsidérer les rapports déjà mis à leur disposition par le BVG dans le cadre de la lutte contre la corruption et la délinquance financière et d’accorder une immunité pour le Vérificateur Général dans l’exercice de son mandat».

Les interventions qui ont suivi l’exposé des membres du Collectif ont, à leur tour, déploré également le manque de soutien des plus hautes autorités de la République au Vérificateur Général. C’est ainsi que beaucoup d’intervenants à l’image de Tabouré du journal «Sanfing», ont estimé que «c’est parce que le Vérificateur Général a touché à des personnes proches du pouvoir, des gens qui sont au-dessus de la loi qu’il fait présentement l’objet d’ennuis judiciaires».

Le confrère Tabouré, avec ses propos révolutionnaires, pour ne pas dire incendiaires, a même affirmé que «celui qui a institué (le président de la République ATT ndlr) est à la base de sa destitution».

Quant à Nouhoun Togo, chargé du développement social du Mouvement Citoyen, il a déploré la politique des critiques stériles en déclarant qu’ «il est facile de vilipender le pouvoir, mais difficile de faire des propositions concrètes allant dans le sens du développement harmonieux du pays. Chacun ne pense qu’à soi et lorsque les intérêts personnels de quelqu’un ou de certains sont en cause, ils dénoncent le pouvoir sans se remettre en cause comme s’ils sont innocents eux-mêmes».

Enfin, le meeting s’est transformé en un procès du pouvoir en place avec des dénonciations faites par l’association des jeunes anciens volontaires de l’APEJ, certains étudiants en anthropologie qui se disent «exclus du concours d’entrée à la Fonction publique», des défenseurs des victimes des mines d’or, de Transrail et des déguerpis du troisième pont de Bamako. Bref un festival des mécontents de la République.


Alassane DIARRA

L’Indépendant du 06 Avril 2009