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Le coup de poignard de Ndiaye Bah, ci-devant secrétaire général du Cnid, va au-delà de sa formation et se présente comme une tentative de donner un coup de grâce au Mouvement démocratique.
L’affaire est connue : un cadre, dès qu’il est mis en mission à un poste de ministre se voit calife à la place du calife. Il multiplie les bras de fer, crée des conflits là où il n’y en a pas et se conforte dans une position de proconsul.

Ndiaye Bah doit tout au Cnid qui l’a fait. Il ne s’agit pas de morale ou de reconnaissance du ventre, seulement d’un minimum de gratitude et d’égard envers la formation qui l’a sorti des ténèbres. Ce n’est pas sa première tentative de diviser le parti. On se souvient déjà que depuis longtemps, Ndiaye Bah a voulu prendre le parti en otage. Cela n’avait pas marché. En effet, en fin 2007, au sortir des élections, il a voulu faire un putsch. Il était parti jusqu’à vouloir suspendre Me Tall. Ce qui aurait pu être compris si la majorité était avec lui.

Ce diplômé en anglais, sciences politiques et juridiques et en gestion fait peu cas de son cursus : il n’a ni le flegme qui caractérise les usagers de la langue de Shakespeare, ni la dextérité politique ou le flair du gestionnaire.
Depuis octobre 2002 qu’il est nommé ministre de l’Artisanat et du Tourisme dans le gouvernement d’Ahmed Mohamed Ag Hamani, il est reconduit dans les mêmes fonctions en 2004 dans le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga, en 2007 dans le gouvernement de Modibo Sidibé ainsi que lors du remaniement du 9 avril 2009. Depuis 2002 donc qu’il est au gouvernement au nom du Cnid, pense-t-il qu’il est le seul cadre de ce parti ou le plus méritant ?

Cerbère du Mouvement citoyen

Lors de sa tentative de 2008, il s’était outré que le parti lui fasse des remontrances parce qu’il avait osé lui faire des remarques à l’effet qu’il avait soutenu des militants suspendus ! Se servant de son strapontin gouvernemental pour combattre son parti, il a tout tenté. Et comme cette fois encore, il n’a pu partir avec un seul député. A l’époque, toute honte bue, et constatant qu’il était minoritaire, il était revenu faire amende honorable au parti.

Est-ce à dire que ses excuses n’étaient pas sincères ? Un couteau entre les dents, un gourdin caché dans le dos, il avait fait sa génuflexion, le temps de se renforcer. ATT mettra à sa disposition les moyens pour mieux combattre et détruire son parti. En effet, comment comprendre que Ndiaye Bah puisse continuer à bénéficier de sa confiance au moment où il vend son parti à la concurrence, au Mouvement citoyen, au moment où celui-ci se transforme en parti politique ?

Ce genre de comportement ne sert en rien la démocratie et les valeurs qu’elle incarne. La loyauté n’est pas qu’un mot. On se souvient également du cas de Zeïnab Mint Youba, sortie de nulle part pour devenir ministre de la Santé et qui n’a rien trouvé de mieux que de lâcher ses parrains au profit de ses nouveaux amis… pour deux sous.

Alexis Kalambry

10 Juin 2010.