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L’Italie est en deuil vendredi, après le naufrage de Lampedusa qui a sans doute coûté la vie à quelque 300 migrants de la Corne de l’Afrique, ravivant le débat sur la politique européenne d’immigration.« Nous n’avons plus d’espoir de retrouver des survivants »,nous a déclaré un membre de la Garde des finances, la police financière qui opère aussi dans le secteur. « On n’a plus de place, ni pour les vivants ni pour les morts », déclarait jeudi, effondrée, la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini. « C’est une horreur, une horreur; ils n’arrêtent pas d’apporter des corps ». Les recherches se concentrent autour de l’épave du bateau qui gît retournée par 40 mètres de fond à 0,3 mille nautique (550 mètres) des côtes. Rome a décrété vendredi « deuil national »: les drapeaux sont en berne et une minute de silence a été observée dans toutes les écoles. Il en sera de même avant chaque compétition sportive.Les migrants, en majorité des Somaliens et Erythréens, étaient partis des côtes libyennes, depuis le port de Misrata.« Il faut agir, en Europe et en Afrique », a martelé vendredi le vice-Premier ministre Angelino Alfano devant la chambre des députés. En Europe, le ministre entend changer des règles « qui font trop peser les pays d’entrée la charge de l’immigration clandestine », a-t-il dit. Le président Giorgio Napolitano a demandé à « l’Europe de stopper le trafic criminel d’êtres humains en coopération avec les pays de provenance » et réclamé « la surveillance des côtes d’où partent ces voyages du désespoir et de la mort ». AFP.