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La vie et la mort sont des sujets hautement philosophiques et l’homme ne finira jamais de gloser la dessus. De même que la vie, la mort elle aussi a sa part d’inconnus et de mystères qui ne se révéleront jamais comme la nuit ne se révélera pas au jour. C’est pourquoi le droit à la vie, le droit à la mort et la condamnation à mort ne feront jamais l’unanimité.

La problématique de la peine de mort transposée dans le domaine du droit conserve insidieusement la part de mystique qui lui confère sa gravité et sa profondeur dramatique.

Toutes les sociétés se sont trouvées en butte à la nécessité de son application ou non comme une réponse à des délits proportionnels. Le Mali ne fera pas exception et du reste ne fait qu’actualiser un sujet qui l’a occupé jadis.

La particularité du cas malien c’est qu’il faudra nécessairement entreprendre l’analyse dans le double prisme sociétal et religieux et dans ce cas la logique cartésianisme ne joue pas.

A-t-on le droit d’ôter la vie dont le mystère encore grand de son acquisition n’est pas entièrement élucidé? A-t-on le droit de retirer ce qu’on a pas donné, et de quelle maniére?

L’humanité se posera toujours ces questions et selon les hommes, les sociétés et les circonstances les réponses diffèreront toujours.

Le choix du Mali d’abolir la peine de mort répond-t-il à un besoin d’humanisation de la mort ou plus prosaïquement correspond t-il à la nécessité de ne pas engager sa conscience sur le long terme, quand bien même celle-ci nous dicte de réserver la mort à l’individu douteux qui guette la jeune et innocente étudiante sortant de son cours, à peine dix neuf heures, et qui est sauvagement violée puis gratuitement assassinée de plusieurs coups de couteau ?

Oui… quel sort lui réserver? Il est difficile de trancher tant la question est complexe et la loi malienne en se prononçant ces derniers jours sur l’abolition de la peine de mort ne sort pas du cadre strict des Tentatives de résolution du problème.

Philosophiquement et juridiquement le débat court encore et ce n’est pas une loi qui y mettra… fin.

El Moctar Kounta dit Sydell

24 octobre 2007.