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Nous gérons les passions politiques »: c’est surtout lui, Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale (Céni), qui se retrouve sous une pression maximale à l’heure de devoir annoncer les résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. « Arrêtez de nous intimider, arrêtez d’essayer d’influencer la décision de la Céni », a-t-il lancé jeudi, inhabituellement tendu, aux divers observateurs des élections qui doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila. Dans sa ligne de mire: les évêques, qui affirment connaître déjà le nom du vainqueur, et lui suggèrent de dire les résultats « dans le respect de la vérité et de la justice ». Et même le chef des observateurs de l’Union africaine (UA), l’ex-président malien Diacounda Traoré, qui va répétant que les futurs résultats proclamés « doivent être conformes à la volonté des électeurs » « Nous ne dormons pas », confie-t-il à l’AFP, une barbe de trois jours naissante sur un visage habituellement rasé de près. « Nous faisons de notre mieux pour qu’on publie les résultats le 6 janvier. Mais si on n’y arrive pas, à l’impossible nul n’est tenu », ajoute-t-ialors que les élections avaient été déjà deux fois reportées depuis la fin du deuxième mandat du président Kabila en décembre 2016. M. Nangaa a tenu la date du 23 décembre… jusqu’au 20 décembre, lorsqu’il a annoncé le troisième report des élections d’une petite semaine. L’opposition ne croit toujours pas en son rôle de simple technicien électoral. Corneille Nangaa est le « serviteur » du président Joseph Kabila, avait lancé un soir de colère le président et candidat du parti historique d’opposition UDPS, Félix Tshisekedi. A cette époque – octobre 2017 -, Nangaa n’envisageait pas d’élections avant « 504 jours », soit début 2019. Il a définitivement pris les commandes de la Céni en 2015, quand la tension montait entre le pouvoir et l’opposition réclamant en vain des élections comme prévu en décembre 2016. « Mon mandat se termine au mois de juin (2019) », déclarait-il en avril. « Après, je vais faire autre chose », dit-il, citant spontanément « l’agriculture » : « Je suis un fermier. J’aimerais vraiment rentrer faire mes champs ». Et la politique? « Je suis plutôt un technicien. La politique, ce sont des caïmans. Il faut savoir nager. Et je ne suis pas sûr de savoir aussi bien nager que les autres ». Ah bon? AFP