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Le Kenya a accusé jeudi l’ONU d’avoir cédé aux pressions de certains pays visant à rejeter la responsabilité des lacunes des Casques bleus au Soudan du Sud sur leur commandant kényan. A la suite d’une enquête interne, le commandant kényan de la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss) a été limogé pour sanctionner l’inaction des Casques bleus lors des violences de juillet à Juba. En réaction, Nairobi a annoncé son retrait de la Minuss, où opéraient un millier de soldats kényans. Le Département d’Etat américain a souhaité que le Kenya revienne sur sa décision. Son porte-parole adjoint Mark Toner a souligné le rôle « précieux » des soldats kényans dans les opérations de maintien de la paix et exprimé l’espoir « qu’ils continueront à jouer un rôle ». L’enquête de l’ONU a été suscitée et orientée par « certains membres présents et futurs du Conseil de sécurité » et l’ONU l’a menée avec un « a priori » conduisant à choisir comme « bouc émissaire » le général Johnson Ondieki, a affirmé jeudi l’ambassadeur kényan à l’ONU Macharia Kamau. Il a estimé qu’il s’agissait en fait d »un « échec global ». La responsabilité devrait donc être « collective », a-t-il jugé, et s’étendre à la fois au commandement conjoint des unités de Casques bleus sur place et à la direction du département de maintien de la paix, au siège de l’ONU à New York, au lieu de « rendre responsable un seul individu ». Qualifiant cette enquête de « honteuse et injuste », il n’a pas nommé les pays qui auraient fait pression mais le rapport de l’enquête interne pointe du doigt des Casques bleus chinois et népalais. Par ailleurs, l’Ethiopie a des troupes au sein de la Minuss et doit entrer en janvier comme membre non permanent au Conseil de sécurité..AFP