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Elle réédite l’exploit de remporter, à chaque occasion sur le continent et dans le monde entier, le titre de la meilleure rebondeuse. Nagnouma Coulibaly, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a récemment rendu visite à votre quotidien préféré, Les Echos. Portrait d’une des basketteuses les plus douées de sa génération.

A 18 ans (née le 31 mai 1989), Nagnouma Coulibaly vient de poser ses valises à Brest. Evoluant au poste de pivot, la talentueuse basketteuse a fait ses débuts officiels avec l’AS Commune III en 2003.

Détectée par Amara Traoré, entraîneur de cette formation communale, elle s’est vite adaptée au poste de pivot à la faveur des conférences de basket et des compétitions des ligues de Bamako.

« Amara Traoré m’a tout donné », nous confie Nagnouma. En 2005, le Djoliba demande les services de Nagnouma pour la phase finale de la Ligue des champions de clubs féminins.

Une opportunité qui lui a permis de remporter avec les Rouges le premier trophée continental d’un club malien, toutes disciplines confondues. Elle était donc du voyage de Hongrie pour le Mondial des clubs.

Championne d’Afrique des juniors avec le Mali à Cotonou, des espoirs au Mozambique, elle a toujours été élue meilleure rébondeuse et sélectionnée dans les « cinq majeures ».

Son talent lui ouvre également les portes de l’équipe nationale féminine des seniors. Avec qui elle se classe 6e au championnat d’Afrique à Tunis. En 2006, le Mali s’octroie la 5e place à la Can au Nigeria.

L’ancienne sociétaire de la Commune III et du Djoliba s’est frayée un chemin en or dans le professionnalisme après avoir éclaboussé le basket national et continental de son talent et de sa classe. L’aventure a commencé par Toulouse (France).

Mais, depuis quelques mois, Nagnouma évolue au sein de l’équipe des Pleyber-Christ (Brest) avec laquelle elle a signé un contrat de deux ans. Présentement, elle est en négociation avancée avec un club belge. « Je suis en contact avec les Belges, mais j’attend l’aval des Brestois », reconnaît-elle.

En attendant, elle ne se contente pas de faire de la figuration à Brest puisqu’elle figure parmi les « cinq majeures » de son équipe. « Après Toulouse, j’ai du me battre pour avoir une place de titulaire à Brest », avoue aujourd’hui Nagnouma Coulibaly du haut de son 1,95 m. Sa présence a permis à sa formation, très constante dans le basket français depuis plusieurs saisons, de marquer le championnat de France cette année.

Le saint des saints du basket

C’est dire que la meilleure rebondeuse des derniers mondiaux (espoirs et juniors féminins), des Coupes d’Afrique des nations (juniors et espoirs) s’illustre avec brio dans l’un des clubs les plus populaires d’Europe. Déjà, avant de quitter le Mali, Nagnouma avait accumulé les titres avec l’AS Commune III et le Djoliba.

Aujourd’hui, Nagnouma rêve naturellement de jouer dans le très prestigieux NBA. Un défi qui n’est pas au-dessus de son talent. Ce pivot efficace a un palmarès assez fourni à la hauteur de ses qualités sportives et humaines exceptionnelles. Elle a ainsi récemment étoffé son palmarès avec les titres de la meilleure rebondeuse des mondiaux juniors « Slovaquie 2007 » et espoirs « Moscou-2007 » avec l’équipe nationale.

De l’avis de nombreux observateurs, elle a beaucoup contribué aux parcours des Aigles lors de ses différentes campagnes africaines et mondiales. « Nous avons fait de notre mieux pour défendre les couleurs de notre pays. Le Mali n’était pas parti pour remporter le titre, mais pour apprendre. Et l’apprentissage a été très difficile », confesse-t-elle.

Dans les jours à venir, la surdouée du basket malien va disputer le 20e championnat d’Afrique des nations « Sénégal-2007 ». Et pour Nagnouma, « c’est un autre challenge. Mais, avec une préparation idoine, nous irons loin ». Elle ajoute : « Notre mission est de faire résonner partout l’hymne national de notre pays, tant en Afrique qu’à travers le monde ».

Inutile alors de dire que Nagnouma et ses coéquipières sont conscientes de leur responsabilité à l’égard de la nation.

Boubacar Diakité Sarr

22 août 2007.