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C’est en présence d’un bon nombre d’invités de marque que, le vendredi 8 Février 2008, au Centre International de Conférences de Bamako, la ministre Mme Maïga Sina Damba a procédé à la Journée internationale de lutte contre la pratique de l’excision.

A cette rencontre ont participé l’épouse du Premier ministre, la ministre de l’Education de Base, de l’Alphabétisation, et des Langues Nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo et des représentants d’organisations de la société civile.

Rappelons que l’institution d’une journée internationale de lutte contre la pratique de l’excision a été décidée, lors de la Conférence du comité inter-africain de lutte contre les pratiques néfastes à la santé de la femme et de l’enfant, tenue à Addis Abéba en Février 2003, afin d’attirer l’attention du monde entier sur ce problème pouvant porter une grave atteinte à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des fillettes.

Selon la coordinatrice du Programme Nationale de Lutte contre la Pratique de l’Excision, Mme Keïta Joséphine Traoré, la pratique de l’excision constitue une violation des droits humains fondamentaux, des droits à l’intégrité physique, à la santé et à l’éducation. D’ou le choix du thème “Rôle et place de l’éducation nationale dans l’abandon de la pratique de l’excision”.

A l’en croire, ce thème est un maillon important de communication touchant une frange considérable de la population, dont les enfants et les jeunes, filles et garçons. Aussi, pour la circonstance Mme Keïta a félicité et salué l’implication du département de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales.

En sa qualité de ministre de ce département, Mme Sidibé Aminata Diallo s’est engagée à faire face à cette question de l’excision. A l’en croire, l’école se chargera d’expliquer, aux élèves, la problématique de l’excision. “L’introduction de leçons-modèles sur l’excision sera une réalité dans les écoles”, a-t-elle ajouté.

De l’avis de Mme Sidibé, tout ce qui entrave la vie des enfants et des jeunes mérite une attention particulière, car ils sont l’avenir de la nation. Pour terminer, elle a enfin noté que ces leçons-modèles seront désormais dispensées dans les écoles et sur toute l’étendue du territoire malien, pour sensibiliser les élèves et étudiants sur la problématique de l’excision.

Quant à la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, elle a noté que la Journée internationale « Tolérance Zéro aux MGF » est l’occasion de faire participer tous les acteurs au mouvement en faveur de la santé de la femme et de l’enfant : institutions de la République, autorités gouvernementales, administratives et politiques (notamment les parlementaires de l’Assemblée nationale), groupes spécifiques, entre autres, leaders d’opinion, agents socio-sanitaires, partenaires techniques et financiers, société civile…

Selon Mme Maïga Sina Damba, la problématique de la santé de la reproduction, en général, et celle de la pratique de l’excision, en particulier, sont fort complexes. A l’en croire, elles génèrent souvent des débats forts animés sur la nécessité du maintien de cette pratique, ou sur la meilleure stratégie à utiliser pour convaincre les populations à l’abandonner.

C’est pour cette raison, dira la ministre, qu’il faut travailler davantage pour une meilleure sensibilisation des uns et des autres, mais dans un esprit de respect et de compréhension mutuelle indispensable au dialogue si cher aux valeurs culturelles du Mali.
Mme Maïga Sinan Damba s’est adressée à ces invité ses collègues à intensifier le travail déjà en cours, qui consiste à mettre à la disposition des élèves et étudiants des informations saines par rapport à l’excision.

Elle a également assuré que son département et ses partenaires apporteront l’appui nécessaire, pour intensifier les activités de formation, notamment par la mise à la disposition des enseignants de kits de sensibilisation et de plaidoyer en vue de renforcer leur compétence dans ce domaine.

La ministre a enfin saisi l’opportunité pour remercier tous les intervenants des services techniques de l’Etat, les associations, ONG, les partenaires techniques et financiers et autres composantes de la société civile, bref, toutes les personnes ressources qui conjuguent leurs efforts, en vue de parvenir à l’abandon de cette pratique véritablement préjudiciable à la santé des femmes et des enfants.

Pour la circonstance, quatre personnes ont livré leurs douloureuses expériences sur les conséquences de la pratique de l’excision. La participation de la Troupe Gnogolon et la prestation de Assa Kida sur l’excision ont néanmoins rendu la journée plus belle.

Mariétou KONATE

11 Février 2008.