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Conformément à la Loi N°94-009 du 22 mars 1994, portant principes fondamentaux de la création, de l’organisation, de la gestion et du contrôle des services publics, modifiée par la Loi N°02-048 du 22 juillet 2002, le ministre de la Santé, Mme Diallo Madeleine Ba, a abrogé, le 10 novembre 2011, par l’arrêté N°2011-4501, différents arrêtés portant nominations de Médecins-chefs des Centres de santé de référence du District de Bamako.

Jusqu’à là, me direz-vous, tout est parfaitement normal. Mais cela va se gâter dès lors que le ministère, le 31 janvier 2012, affectera, par la Décision N°2012-0013/MS-SG, à la Direction Nationale de la Santé, Mme Sangaré Adama Coulibaly, précédemment en service au CSRéf de la Commune II et M. Boubacar Traoré, précédemment en service au CSRéf de la Commune I.

Auparavant, le 29 décembre 2011, la Directrice régionale de la Santé, Dr Diallo Fanta Siby, avait formulé ses propositions de nominations des Médecins-Chefs de Commune du District, par courrier N°0017/G-DB/DRS, au Gouverneur. Ni Mme Sangaré, ni M. Traoré ne sont cités dans ce document. Le 2 mars 2012, le Gouverneur Souleymane Diabaté nomme, par la décision N°0339/ GDB.CAB «à titre de régularisation» des Médecins-Chefs pour les CSRéf des Communes III, V et VI du District.
Mais voilà, le 12 janvier 2012, le Maire de la Commune II, Youssouf Coulibaly, lui avait envoyé un courrier N°0001/MCII-DB, avec pour objet «Eventualité d’une mutation du Médecin-chef du centre de Référence de la Commune II».

Dans cette lettre, le Maire Coulibaly écrit «nous souhaitons le maintien du Médecin-Chef du Centre de santé de la Commune II à son poste jusqu’à l’inauguration du nouveau Centre de santé en construction», arguant que le Dr Adama Coulibaly, félicitée il y a 4 mois par la 1ère Dame, est l’artisane principale de la construction du nouveau centre et que «si elle se confirmait, cette mutation soudaine portera un coup dur à l’évolution d’un certain nombre de projets dont elle est porteuse».

Le 22 février, c’est au tour du Collectif des Maires des Communes du District d’envoyer une lettre (non numérotée) au Gouverneur, avec ampliation, entre autres, au ministère de la Santé, affirmant «tout mouvement du personnel sanitaire … doit avoir l’aval de l’autorité municipale et surtout… le personnel administratif dont la tutelle technique est assurée par l’Etat». En raison du fait que «l’un des deux Maires avait demandé le maintien du Médecin devant être relevé», le Collectif demande «l’annulation de la décision» et conclut «en attendant le règlement du problème, nous nous opposons fermement à toute nomination de Médecin-Chef du Centre de santé de Référence dans les deux Communes ».

La guerre des attributions et prérogatives en termes de nomination des Médecins-Chefs des CSRéf du District était donc ainsi déclarée par le Collectif des Maires! Il revenait donc à la tutelle, le ministère en l’occurrence, de mettre quelques points sur quelques i. Cela serait fait par le courrier N°083/MS/SG du 6 mars dernier. Signée de Mme Diallo Madeleine Ba, cette lettre, adressée au Gouverneur à l’attention du Maire de la Commune II, est on ne peut plus explicite, se concluant par cette phrase « Au regard des points ci-dessus rappelés, je vous demande de ne pas interférer dans la gestion du personnel de santé de la Fonction publique, qui relève de la seule compétence du Ministre en charge de la Santé».

Parmi les points rappelés, le plan de carrière des Médecins qui «prévoit leur affectation du niveau du District au niveau régional ou national après cinq ans d’activité comme généraliste». En la matière, Mme Sangaré Adama Coulibaly avait été nommée Médecin-Chef, comme généraliste, du CSRéf de la CII le 19 mars 2002 et le Dr Boubacar Traoré en Commune I l le 8 mai 2007. Autre point relevé par le courrier du Ministre «a santé est une compétence transférée aux collectivités, … mais la définition de la politique et des systèmes à mettre en place pour assurer la santé des populations relève de la seule compétence du Ministre de la Santé».

Prônant un nécessaire «relèvement du niveau de compétences des Médecins-Chefs des districts sanitaires», par le biais de formations qui puisse les rendre «plus capables de conduire les équipes..», Mme Diallo Madeleine Ba s’interroge, assez ironiquement il faut en convenir, en disant «il est donc difficile de comprendre qu’un Maire, soucieux de l’amélioration de la santé et du bien-être de sa population, s’oppose fermement à l’amélioration du plateau technique du CSRéf de sa commune…». CQFD!

Ramata Diaouré

Le 15 Mars 2012