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La célébration du 17e anniversaire du parti Adéma à Kayes a été l’occasion, pour son président, de lever le voile sur les ambitions futures : « gagner haut la main les municipales de 2009 » et organiser « l’apothéose en 2012 ». « Nous entrons dans la phase stratégique de notre reconquête du pouvoir », a-t-il clamé devant les cadres réunis en conférence, le samedi dernier.

Aujourd’hui, a estimé Dioncounda Traoré, « nous entrons dans la phase stratégique de notre reconquête du pouvoir ». Il a assuré le peuple Adéma en ces termes : « Ça se terminera en apothéose en 2012 ».

Et d’ajouter « que cela soit clair dans l’esprit de chacun, 2012, c’est l’année de l’Adéma/PASJ ». Il ne se fait guère d’illusions cependant. C’est pourquoi, il a invité les uns et les autres à élargir la base du parti, à travailler davantage à son unité et à sa cohésion.

Dans la salle de conférence du conseil culturel du cercle de Kayes qui a abrité la rencontre entre le Pr. Dioncounda Traoré, président de l’Adéma/PASJ, et les cadres, en présence des ministres issus du parti, des élus et autres invités, le secrétaire général de la section, Michel Abdoulaye Camara, manquait presque de mots tant il a été ému par la grande mobilisation des militants.

Il a toutefois remercié les uns et les autres qui ont rehaussé, de par leur présence, tout l’éclat de l’événement.

Au président du parti, il a adressé un grand merci. « Le parti se porte bien à Kayes », lui fera-t-il savoir. Il évoquera le travail, la joie, la fierté et le mérite de ses camarades du parti qui ont, selon lui, « tout donné au pays ».

M. Camara s’est appesanti sur leur combat pour la démocratie, notamment sur les efforts du camarade-président Alpha Oumar Konaré tant au Mali qu’à l’extérieur (référence à l’Union africaine). Il a salué les adhésions et s’est dit fier de l’engagement des uns et des autres.

Pour le secrétaire général de la section, ce travail n’était que le corollaire des résolutions de la 7e Conférence nationale du parti.

Conséquence : M. Camara trouve que le PASJ est en « forme partout à Kayes ». Il a remercié ses camarades de la région pour leur dépassement de soi afin que le parti rayonne.

Dioncounda Traoré ne pouvait qu’être à l’aise pour parler non pas seulement du PASJ, mais aussi et surtout de son pays, le Mali. Il s’est réjoui du fruit des nouvelles adhésions et a salué le retour de certains camarades.

Il a ordonné d’ouvrir grandement les portes du parti à tous. « Ceux qui viennent, nous apportent quelque chose. Mettez-les là où ils doivent être », a-t-il lancé. Mais, à l’endroit de ces derniers, il dira : « Eux aussi doivent savoir que l’on ne peut pas les mettre là où ils ne peuvent pas ».

Pour Dioncounda, « chacun a compris qu’individuellement, on n’ira pas loin ». D’où l’intime conviction : « C’est ensemble que nous soulèverons une montagne ». Le président de l’Adéma a noté qu’à l’image de Kayes, le parti se porte très bien partout. Il a donné l’exemple de Youwarou.
Comblé, il l’était à Kayes d’autant plus que le parti a répondu aux attentes de la 7e Conférence nationale.

A savoir, faire réélire ATT, acquérir une majorité confortable, travailler à la consolidation du fait partisan. Une fois de plus, Dioncounda a réaffirmé le soutien total à ATT. « On va le soutenir. Nous ne sommes pas habitués à trahir. Si ça échoue, on va parler du premier parti qui l’a soutenu », a-t-il promis.

Tout pour le pays

Le président de l’Adéma a évoqué les problèmes de l’heure : école, Nord du pays, cherté de la vie. Dans les trois cas, il a prôné le dialogue. Car, selon lui, celui qui dirige le pays est un « général de paix qui a parcouru l’Afrique et le monde entier pour la paix. Il ne peut pas échouer. L’Adéma le soutient et l’accompagnera dans la recherche de solutions pour cette paix ».

Puis, il s’est prêté à l’exercice de l’historique du Parti africain pour la solidarité et la justice/Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma/PASJ).

A l’occasion, nombre de militants d’aujourd’hui ont pu apprendre qu’en 1991, c’est Modibo Diarra, syndicaliste de son état, militant du parti, qui a choisi « l’Abeille » comme symbole du parti. Ceci, compte tenu des valeurs de travail, de solidarité et d’altruisme qui caractérisent la vie de l’abeille dans la ruche. Modibo Diarra rappela, à l’époque, une sourate du Coran pour appuyer ses dires.

Ensuite, M. Traoré a évoqué des premiers pas du Mali démocratique, des actes posés par l’Adéma (l’association) d’abord, et le PASJ après. Il n’a pas occulté les difficultés rencontrées de 1992 à 1995. A l’endroit de Alpha Oumar Konaré, il a adressé ses sincères salutations pour avoir su trouver les moyens de sortir le pays du chaos.


Malgré tout, soulignera Dioncounda Traoré, le peuple lui renouvela sa confiance.

Entre temps, indiqua-t-il, il y a eu la crise de 1994 donnant naissance au parti Miria. « Mais, le parti continua à fonctionner », a-t-il dit, « car Alpha Oumar Konaré était là » et « son parti présidé par Ibrahim Boubacar Kéita ». Il a rappelé aussi les crises sociales gérées et la fin de la gestion concertée du pouvoir.

« Le parti était donc obligé de gérer seul le pays », entonna-t-il.
Pour ce qui était de l’approche de la fin du mandat de M. Konaré, M. Traoré s’est interrogé : « Qui allait lui succéder ? » Selon lui, des ambitions sont ainsi nées.

« Celui qui serait candidat Adéma, serait élu », croyait-on. A en croire le président Dioncounda, c’était oublier que sans l’Adéma unie, c’était l’échec. « C’est pourquoi, le candidat de l’Adéma n’a pas bénéficié des 100 % de voix du parti », a-t-il confié.

Il a salué le réflexe retrouvé après cette crise, car le parti était la première force politique à l’issue des législatives de 2002. Et au président du parti de regretter le départ de certains camarades qui ont créé le RPM et l’URD. Il a reconnu que malgré le travail abattu, les plaies ouvertes en 2002 étaient encore vivaces.

D’où, d’après lui, il fallait travailler à l’unité et à la cohésion, conformément aux résolutions de la 7e Conférence nationale, au sein du parti. C’est ce qui explique, selon toujours Dioncounda, la décision de soutenir ATT. Il s’empressa d’ajouter : « Mais, cela n’avait pas été compris ».

S’appuyant sur l’expérience acquise, il trouvera que le parti a pu rebondir encore aux législatives de 2007. Au cours desquelles le PASJ sortit avec une large majorité. Avec d’autres partis, une majorité s’est formée au Parlement pour soutenir l’action gouvernementale. Il a ainsi salué la naissance de l’ADP pour accompagner le chef de l’Etat, ATT.


(correspondance particulière)

29 Mai 2008