Partager

La principale formation politique du pays, l’ADEMA-PASJ ne partage pas la position du Parti de la Renaissance Nationale (PARENA) dirigé par l’ancien ministre et non moins ex-leader estudiantin, Tiébilé Dramé, contenue dans son «mémorandum sur quelques problèmes brûlants du Mali» notamment le scrutin communal.

Dans ce document, largement diffusé par la presse, le parti du Bélier blanc dresse un tableau peu reluisant de l’organisation en cours de cette élection et préconise un report de six mois afin de corriger ce qu’il appelle les faiblesses du processus.

Tel n’est pas le point vue des abeilles qui estiment que le pouvoir doit et peut organiser le scrutin dans le délai annoncé. Au cours de sa dernière réunion, tenue le mardi 27 janvier, le Comité Exécutif de l’ADEMA s’est prononcé en faveur du chronogramme des communales annoncé par le ministère en charge des élections.

Organiser des élections crédibles demeure le plus gros défi de la « démocratie malienne ». Ces propos du PARENA constituent officiellement la principale raison pour laquelle cette formation politique réclame un report des communales annoncées pour le 26 avril prochain.

Elle semble être préoccupée par la fiabilité du fichier électoral, source, on le sait, de multiples fraudes électorales. Celles-ci profitent à qui ? C’est généralement le pouvoir en place qui est accusé de s’adonner à cette pratique.

Du début du processus de la démocratisation de notre pays à nos jours, toutes les élections ont été dénoncées par les perdants, accusant le pouvoir en place de magouilles, de fraudes voire de tripatouillages des résultats. Mais la raison a toujours fini par triompher.


Les griefs formulés par le PARENA sont-ils fondés ? Si oui, empêcheraient-ils la tenue d’un scrutin transparent ?

En tout cas, le débat semble n’est pas être à ce niveau puisqu’à chaque élection les mêmes récriminations sont énumérées et au finish, les observateurs nationaux et étrangers aussi bien que la CENI (composée des partis politiques et de la société civile) soutiennent que «les élections se sont bien passées et que les irrégularités constatées ne remettent nullement en cause la sincérité du scrutin».

Pour autant, il est crucial d’améliorer l’organisation des élections pour davantage de transparence, donc pour moins de fraude. C’est à ce prix que la démocratie se consolidera et se fortifiera au bénéfice du plus grand nombre. Maintenant, le vrai débat, le seul qui vaille, est la tenue des communales aux dates indiquées. S’il y a des faiblesses que les uns et les autres œuvrent à ce qu’elles soient réduites.

Nous avions écrit, avant la publication du mémorandum du PARENA, dans un article paru dans notre édition 2131 du mardi 27 janvier, intitulé : «élections communales du 26 avril 2009, 10 milliards de FCFA à trouver au plus vite, sinon le report», qu’un «report des communales est synonyme d’incompétence, de négligence voire de mauvaise gouvernance…».

Tout le monde sait que si le pouvoir arrivait à trouver les 10 milliards nécessaires pour l’organisation du scrutin, les choses vont bouger en s’améliorant. Il importe donc que le nerf de la guerre soit vite constitué. Le reste pourrait être un débat politicien dans lequel les acteurs de la scène politique tenteront de défendre des intérêts partisans voire sordides.

Maintenant la question est de savoir si le PARENA est prêt pour affronter ce scrutin. A-t-il les hommes et les femmes compétents pour être présents à ce rendez-vous électoral, annoncé pour le 26 avril ? Tiébilé Dramé et ses camarades ont-ils suffisamment d’argent pour compétir avec l’ADEMA de Dioncounda Traoré, l’URD de Soumaïla Cissé, le RPM d’IBK, le CNID de Me Mountaga Tall, le MPR de Choguel Maïga et bien d’autres ?

Le doute est permis. Mais une bonne nouvelle pour les partis politiques : il est envisagé, de sources dignes de foi, qu’avant la date de ces élections, le financement public des partis politiques tombe. Il pourrait donc constituer une bouffée d’oxygène pour toutes les formations politiques éligibles.

A suivre.

Chahana TAKIOU

30 Janvier 2009