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En cette veille d’élections municipales, l’ADEMA-PASJ est sous pression. En effet, le parti de l’Abeille entend conserver sa place de première force politique du pays, tout en recupérant certains bastions qui lui a échappé depuis les communales de 2004. Parmi ces localités à reconquérir, Koulikoro retient l’attention. Depuis l’arrivée de Abdoul Baki Cissé à la tête de la section, l’ADEMA secoue cette circonscription électorale, sous le regard concurrent des autres prétendants.

Après le 11 Mars, dernier délai du dépôt des listes de candidature, le pays retient son souffle avant le début de la campagne électorale prévue pour le 26 Avril prochain. Pour l’heure, ce sont des plaintes qui sont en train d’être formulées pour invalider judiciairement telle ou telle liste.

C’est dire qu’officiellement, on ne saurait évaluer avec exactitude le nombre de listes en lice pour les municipales de cette année, tant la constitution des listes a secoué toutes les formations politiques, mais aussi les mouvements et associations intéressés par ce rendez-vous électoral.

Qu’à cela ne tienne ! En attendant la proclamation officielle des listes, des commentaires pleuvent à propos des enjeux possibles du scrutin dans certaines localités, comme c’est le cas de Koulikoro. Et pour cause !

La commune urbaine de Koulikoro n’est pas comptée parmi les plus vastes du pays, car son conseil communal ne compte que 23 sièges. Et pourtant, la ville est l’objet d’une guerre de positionnement politique sans précédent. Est-ce dû à sa proximité avec Bamako la capitale?

En tous cas, pour les 23 sièges à pourvoir, il y a une vingtaine de listes de candidature qui sont déposées. Ces listes viennent des partis politiques, des associations et des mouvements à caractère politique. A croire que chacun veut compétir pour obtenir l’un des 23 sièges en jeu. Pourtant, ce n’est pas le cas.

Avec la proportionnelle, il s’avère impossible, pour une seule liste, d’enlever l’intégralité des sièges. C’est pourquoi chacun des concurrents compétit dans l’espoir d’avoir la majorité absolue, ou à défaut, réaliser un score lui facilitant les négociations avec les autres ,lors de la mise en place du bureau communal. C’est certainement le voeu de l’ADEMA-PASJ.

En effet, malgré son statut de première force politique du pays, Koulikoro à l’air de devenir un cheval rétif pour le parti de l’Abeille. Pour preuve, lors des municipales de 2004, ce parti n’a obtenu que 2 conseillers sur les 23. Ce qui ne lui a pas permis d’être dans le bureau. D’ailleurs, les coups fourrés et autres complots ourdis par les responsables locaux contre le parti à Koulikoro ne permettaient pas d’espérer dans ce sens.

Mais cette année, au lieu d’être secoué par les autres partis politiques, c’est plutôt l’ADEMA qui a secoué la localité. La reprise d’espoir s’avère consécutive à l’élection de l’Ing. Abdoul Baki Cissé au poste de Secrétaire Général de la section. M Cissé ne ménage aucun effort pour redynamiser les structures. Car pour lui, l’ADEMA ne mérite pas le sort qui lui est réservé à Koulikoro. Il veut que la donne change dans le sens voulu et souhaité par le Comité Exécutif dirigé par Dioncounda Traoré.

Dans le souci de relever le défi et de reconquérir Koulikoro, Abdoul Baki Cissé et camarades comptent sur la franche collaboration de tous. C’est pourquoi le Secrétaire Général de la section répète toujours que les portes du parti restent ouvertes à tous ceux qui veulent adhérer à l’ADEMA. C’est le cas aussi pour les camarades égarés, pourvu qu’ils apportent la preuve de leur bonne foi à redevenir adémistes. Dans le cas contraire, le retour est compromis.

En tout cas, c’est ce qui est arrivé à la présidente du conseil de cercle. En effet, elle voulait retourner à l’ADEMA ; mais lorsqu’on a demandé à cette dame d’apporter sa lettre de démission, elle n’a pas pu. Au lieu de rester MPR, elle a viré au PARENA. Les adémistes ont posé cette condition en connaissance de cause. Puisqu’ils se souviennent tous des frasques de Belco Tamboura (le mari de cette dame) lors des dernières municipales. Il avait cherché à se faire réélire, mais il a été bloqué au niveau de son comité à Katibougou.

Alors, en représailles contre son parti, on l’accuse, à tort ou à raison, d’avoir manœuvré pour que son épouse soit élue à la présidence du conseil de cercle, sous les couleurs du MPR. Aujourd’hui, Mme Tamboura qui a viré au PARENA ne donne-t-elle pas raison aux responsables de l’ADEMA de Koulikoro qui doutaient de son militantisme? Cependant, la tâche de l’ADEMA ne sera pas aisée lorsqu’on sait qu’en plus du PARENA, d’autres concurrents se bousculent à Koulikoro.

On peut citer, entre autres, l’URD, le RPM, l’US-RDA. Mais il faut garder le Mouvement Citoyen à l’oeil. En effet, pour plus de visibilité et de lisibilité des actions et initiatives du MC à Koulikoro, les responsables de la coordination régionale ont décidé de se doter d’un siège : ce qui fut fait le 7 Mars 2009. Pour l’inauguration, le Comité Exécutif a sorti la grosse artillerie. C’est dire que la bataille de Koulikoro aura lieu le 26 Avril prochain. Et Abdoul Baki Cissé et camarades sont alors avertis.

En plus de la Commune de Koulikoro-ville, l’ADEMA a présenté des listes dans d’autres qui relèvent de sa section : Méguétan, Kérékou, Nyamina, Tougouni, Sirakorola, Doumba, Koula et Tienfala. A koulikoro tout comme dans les autres Communes, le parti de l’Abeille est allé seul dans le but de mesurer ses forces. Le parti de l’Abeille gagnera-t-il son pari électoral à Koulikoro?

Oumar SIDIBE

17 Mars 2009