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Un Collectif des diplômés sans emploi au Mali vient de voir le jour. Mr Fodé Doumbia, informaticien et spécialiste en administration des affaires et consultant au bureau d’étude Africa Consulting  International et président du collectif des diplômés sans emploi BAARKO, nous livre d’amples informations sur son organisation. Le Collectif BAARAKO veule plaidé auprès de l’Etat et des partenaires techniques et financiers pour lutter contre le chômage au Mali. 

Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place un collectif des diplômés sans-emploi?

Mr Fodé Doumbia : Au Mali, aujourd’hui, nousavons constaté que dans toutes les familles , il y à une maladie qui touche toute les familles au Mali qui est le problème d’employabilité des diplômés. Nous avons constaté aussi qu’il y a la précarité d’emploi au Mali. Ce qui s’explique par le manque d’emploi et d’opportunité à offrir aux jeunes diplômés sans emploi. Il y a aussi l’inadéquation entre la formation et l’emploi. Il y a également un réel manque de transparence dans les recrutements. Il y a un besoin de stratégie de transparence pour lutter contre la corruption dans les recrutements. Parce que nous constatons qu’au Mali beaucoup ne croient plus au processus de recrutement au Mali et au méthode de recrutement utilisé par l’état, les entreprises et les ONG, le chômage conduit encourage la pauvreté et l’insécurité grandissante. Auparavant la corruption dans les recrutements était étatique mais on constate les même comportements aujourd’hui avec les ONG et les entreprises. 

L’enrôlement ou la radicalisation des jeunes est dû au problème d’emploi. Quand les jeunes n’ont pas d’argent, ils auront du mal à assurer leur besoin. Dans un pays comme le nôtre, il serait difficile de prendre un loyer ou de se marier sans un emploi garanti. Beaucoup de jeunes qui travaillent déjà, peuvent perdre facilement leur travail. Il y a un problème de politique de l’Etat. Même si, il y a une politique, il y a un manque de suivi par rapport à l’insertion sociale des diplômés. Ce sont tous ces facteurs-là, qui nous a poussé, à créer cette association des diplômés sans emploi BAARKO dans le début d’aider les jeunes à avoir du travail. 

Quels messages avez-vous à adresser aux autorités maliennes en particulier et à la population malienne en général ?  

F.D : Le premier élément que j’adresse aux autorités maliennes c’est l’élaboration d’une politique nationale sur l’employabilité des jeunes. Il faut savoir que même si l’Etat a une politique sur l’employabilité des jeunes, nous constatons qu’il y a un manque de suivi par rapport à l’application de cette politique. Par exemple les structures de l’Etat qui sont : l’ANPE, l’APEJ donnent aux jeunes des emplois non garantis et ni durables. On demande à l’Etat de revoir vraiment sa politique et de renforcer sa politique en terme de suivi et de mettre en place un mécanisme de suivi pour que cette politique soit plus efficace. Les 90 % des jeunes aujaurd’hui sont dans l’entreprenariat, et l’état doit pouvoir mettre a la disposition des jeunes un fond, donner plus  d’information, sensibiliser, sur les différents fonds disponibles pour la cause de l’entreprenariat jeune. L’Etat doit encourager et soutenir l’employabilité des jeunes. Il doit aussi élaborer un mécanisme de suivi. Si ces jeunes arrivent à réussir, je pense que cela va réduire beaucoup le taux de chômage. L’Etat doit favoriser l’auto-formation des jeunes sans emploi. On constate l’inadéquation entre la formation universitaire et l’emploi. Par exemple, ceux qui sortent de la faculté de droit et qui n’arrivent pas à avoir le concours d’entrée à l’ENA que l’Etat permet à ces personnes d’avoir accès à d’autres formations pour pouvoir se recycler et être mis à la disposition de l’Etat. L’Etat doit réadapter son système éducatif au besoin de l’emploi. 

Tout cela est en train de décourager la jeunesse Malienne. Nous devons prioriser les recrutements locaux. Ils peuvent être aussi un facteur favorable à la décentralisation. Par exemple, si on organise un test de recrutement à Kayes ou à Mopti et qu’on se réfère sur des compétences locales, ils pourraient mieux servir sa population et sa localité.  

Au Mali, on doit encourager la formation qualifiante comme la menuiserie ou des filières porteuses. Ces gens peuvent allé travailler facilement. Le concours de la fonction publique doit être accessible à tous les diplômés sans emploi sans exception. Aujourd’hui, on constate que la fonction publique est faite uniquement pour les universités comme l’UIG et certain écoles de formation professionnelle, et une grande partie des universités publiques n’ont pas accès au concours de la fonction publique par exemple les universités comme l’USTTB la FSEQ et la l’FSJP sont tous écarté au concours de la fonction publique de l’état au Mali .  

Quelle sera la partition de votre association dans cette lutte ? 

F.D : La partition de notre association est de faire des plaidoyers auprès des autorités maliennes et les partenaires techniques et financiers. Parce qu’aujourd’hui, au Mali, nous sommes en train de rapprocher les autorités maliennes pour qu’il fasse tout de revoir leur stratégie sur l’employabilité des jeunes. Ça fait deux ans qu’il n’y a pas eu le concours de la fonction publique. Et pour tant chaque année, ce sont des milliers de jeunes diplômés qui sortent dans nos  universités et des grandes écoles de formation. Nous voulons plaider auprès de l’Etat et des partenaires techniques et financiers pour qu’il nous aide à ouvrir la porte de  l’emploi au diplomés Malien. On constate que l’Etat a des politiques, mais elles sont mal appliquées. Il faut que les partenaires techniques et financiers nous aident a la formation qualifiante des diplômés . 

Notre association forme des jeunes sur comment faire leur plan d’affaires, les techniques de recherche d’emploi etc..

Mais nos moyens sont limité pour atteindre tous nos objectifs, nous avons besoin de l’appui du gouvernement Malien et des partenaires techniques et financiers pour toucher plus de diplomés sans emploi et ces formations modulaires pourra permettre aux jeunes de travailler pour eux même et dans leur propre compte . Nous aidons les jeunes a avoir de l’information sur les opportunités d’emploi à travers des groupes whatsapp Malibaarako, facebook linkedIn. 

Nous sommes en train de faire en sorte que les jeunes puissent avoir de plus d’information sur le opportunités d’emploi via les groupes whatsapp, facebook, linkedIn (Baarako). Dans nos groupes, il y a beaucoup des responsables de structures qui partage les offres d’emploi avec nous . Nous aidons aussi les jeunes à se positionner. Pour avoir un emploi au Mali , nous les aidons a revoir leur CV, pour prétendre à  postuler et être sélectionné . Nous demandons à l’ANPE et l’APEJ d’améliorer leur stratégie de stage de formation professionnelle. Il faut qu’il y ait une politique de suivi de ces jeunes pour leur permettre d’obtenir un emploi garanti après leur stage. Nous voulons être aussi un centre d’écoute et d’orientation des diplômés, nous organisons des ateliers de formation, des rencontres avec des jeunes diplômés sans emploi pour échanger sur des problèmes d’emploi. Nous faisons aussi la reconversion des mentalités, parce que nous avons beaucoup de jeunes qui sont assis dans les grins et disent qu’au Mali qu’il n’y a pas d’emploi. Pour avoir un emploi, ils pensent qu’il faut acheter. Et pourtant, ce sont des jeunes qui sont compétentes. Et il faut également la valorisation de nos diplômes. Nous sommes en phase de création d’un site internet pour le collectif afin de faciliter la recherche d’emplois et d’organiser des formations pour les demandeurs d’emplois.

Nous aurons à travers ce site des partenaires qui vont vouloir collaborer avec nous dans leur processus de recrutement pour des postes vacants via notre base de données des CV en ligne .  

L’emploi des diplômés doit être  est une priorité pour tous , et agissons ensemble pour l’employabilité des diplômés, et c’est également une solution à la stabilité du Mali..

Jacques Coulibaly 

@Afribone