Partager

Porté sur les fonts baptismaux en Mars 2002, ce grand regroupement d’associations, de cadres partis politiques et “d’amis” du Général Amadou Toumani Touré, avait soutenu ce dernier, lors de l’élection présidentielle de la même année, qui a consacré la victoire de leur candidat. Jusqu’à la réélection d’ATT en Avril 20O7, et malgré les soubresauts de la vie politique malienne, ledit Mouvement est resté tel quel.

Mais c’est après la présidentielle de 2007 que des dissensions surgirent entre les barons du Mouvement Citoyen et de jeunes loups amenés par Amadou Koïta. Ce qui avait procoqué le départ “forcé” de M. Djibril Tangara qui, depuis lors, a décidé de former son propre parti politique : la Force Citoyenne Démocratique (FCD).

C’est alors que l’actuel ministre de l’Equipement et des Transports, M. Ahmed Diané Séméga, sera élu président du Mouvement Citoyen. Entre temps, l’aile dissidente entraînée par Amadou Koïta va créer l’Alliance des Mouvements et Associations de Soutien à ATT (AMAS-ATT) qui regroupera une multitude d’associations et de groupements. Si les deux entités (M.C. et AMAS-ATT) étaient divisées par leurs divergences de vue, elles visaient au moins le même objectif : la réélection de leur candidat ATT, et leur soutien à l’homme dans toutes ses actions.

Les deux parties se sont d’ailleurs réconciliées le mois dernier (Novembre 2008), avec la signature d’une plat- forme dans laquelle elles s’engagent à uniformiser leurs actions de soutien au Président ATT, à travers une convention citoyenne qui devrait voir le jour, au plus tard, en Janvier 2009. Les deux parties envisagent même de prendre ensemble part aux élections communales de 2009.

Le “grain de sable” du M.C.

Mais le hic qui pourrait bien compromettre cette belle union, c’est que depuis la publication du Rapport de la commission Daba Diawara, des interrogations commencent à surgir concernant le sort du Mouvement Citoyen. En effet, dudit Rapport Daba Diawara, il ressort que les candidatures indépendantes ne seront plus acceptées. Le Rapport a même recommandé le regroupement des partis politiques. Or la base du Mouvement Citoyen est constituée d’Indépendants.

Pourtant, les acteurs et responsables du M.C. continuent de clamer haut et fort qu’ils existeront, même après ATT. Mais force est de reconnaître que tel n’est pas l’avis de certains membres influents du Mouvement. Ce qui pourrait bien expliquer les “virages“ spectaculaires de certains de ses membres dans d’autres partis politiques, notamment, l’Adéma-PASJ, qui devient ainsi la grande gagnante dans cette mutation, ou du moins, de cette transhumance de cadres et militants du M.C.

Au nombre des causes de la défection de ces militants M.C., certains obervateurs évoquent surtout la mauvaise gestion de l’ actuel président du Mouvement, M. Ahmed Diané Séméga qui, selon eux, n’a jamais su rassembler les jeunes du M.C., qui constituent pourtant le maillon essentiel du soutien du Mouvement à ATT. Aussi, les uns n’hésitent plus à annoncer qu’une fois terminé le mandat d’ATT, le Mouvement Citoyen disparaîtra à pour de bon ; tandis que les autres soutiennet le contaire.

Mais au regard de ce qui se passe actuellement au sein du M.C., l’histoire risque bien de donner raison à ces derniers. En effet, c’est au moment où le monde politique pensait que les “amis d’ATT” (M.C. et AMAS-ATT) se sont réconciliés à travers cette plate-forme qu’ils ont signée le mois dernier, en vue des futures échéances électorales, qu’on assiste à des démissions en cascade de militants et responsables du Mouvement.

Un véritable dilemme

Ainsi, après le Mouvement Citoyen de Diéma, c’est au tour de celui de Duguwolofila (Sept Villages), dans le cercle de Banamba, de rejoindre les rangs de l’Adéma. Rappellons que c’est à travers le M.C. que l’Indépendant et honorable Hamadaou Sylla (un natif pure souche des “Sept Villages”) a enlevé, à deux reprises, le siège parlementaire.
Pourtant, on croyait savoir que depuis 1992, cette localité a toujours échappé à l’emprise du parti de l’Abeille. C’est dire que le président des Ruchers, M. Dioncounda Traoré, a de quoi se réjouir. Surtout qu’on annonce encore que le Mouvement Citoyen de Koulikoro s’apprête également à adhérer à l’Adéma. Auparavant, des démissions individuelles de certains militants M.C. avaient été enregistrées à Bamako et à l’intérieur, au profit de certains partis politiques.

C’est constater donc que le président du Mouvement Citoyen, M. Ahmed Diané Séméga a du pain chaud sur la planche. Car il s’agira, pour lui, d’ffronter un dilemme : le M.C. doit-il se dépêcher pour aller à la Convention Citoyenne, surtout que certains analystes prédisent que le Mouvement Citoyen devra se muer en parti politique pour mieux se tailler une place lors des communales 2009, et quand on sait que l’Etat consent une aide publique aux partis politiques, et non aux associations?…

Si tel n’est pas le cas, on peut d’ores et déjà annoncer que le Mouvement Citoyen tire vers sa disparition de la scène politique malienne, après 2012. C’est peut être ce qu’avaient compris, depuis longtemps, M. Ousmane Ben Fana Traoré, et tout récemment, M. Djibril Tangara, en créant respectivement le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) et la Force Citoyenne et Démocratique (FCD).

Aussi, un observateur politique, d’affirmer : “Les jours du Mouvement Citoyen sont comptés, surtout que la plupart de ses responsables et militants sont de opportunistes. Je savais que si jamais ATT ne bénéficiait pas d’un troisième mandat, le Mouvement va complètement fondre. Il est plein d’opportunistes qui ont l’art du retournement de vestes. Ce n’est donc pas une surprise pour moi, si des gens quittent le Mouvement Citoyen. Vous voyez, tout le monde pense que c’est l’Adéma qui gagnera la présidentielle de 2012. C’est pourquoi ils vont tous dans ce parti”.

Sadou BOCOUM

03 décembre 2008