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Le consensus politique à la malienne, a été inventé par le président ATT pour avoir la « paix politique ». Ce consensus avait atteint ses limites.

« Heureux les invités au festin de Koulouba ». A peine élu président de la République, ATT avait vu défiler devant son palais présidentiel beaucoup de personnes. Même ses ennemis et adversaires, n’ont pas voulu être en reste. Tous se sont précipité pour faire « bayété » au roi ATT, perché au sommet du mont, pardon, du palais de Koulouba, et se moquant comme un vrai mopticien, de ces petits gens, de peu de foi ?

Un principe politique dit : « quand le vent change de direction, il faut changer de direction ». Très vite, le consensus politique proposé par l’enfant de Mopti, afin de vivre paisiblement dans son palais présidentiel, est devenu « consensus alimentaire ». Pour la première fois, les Maliens vont assister à un mélange hors de commun. En effet, vont se mettre autour de la même table, tigres, lions, cochons, éléphants, lièvres, tortues, gazelles… Ainsi, les ennemis sont devenus amis pour la circonstance. Rien de mal. Sauf que chaque convive était là pour assouvir son propre appétit quitte à renier ses origines. Le mouvement démocratique s’est noyé dans ses propres eaux sombres ; le tigre agressif est devenu chaton… Et arriva ce qui devait arriver. Une démocratie marchant clopin-clopant ; Un Etat déliquescent ; une classe politique boulimique ; Une armée nationale couchée à plat ventre…

Le coup d’Etat du 22 mars 2012 a été salué par beaucoup de Maliens, tout bord et toutes obédience confondus. C’est la fin du règne des nuls, ont cru bon dire certains. D’autres diront même, c’est la fin du festin démon-cratique. L’élection d’un nouveau président de la République s’annonce comme un signe d’espoir chez beaucoup de Maliens qui aspirent à un réel changement. Et le plébiscite d’un homme (IBK) à cette élection présidentielle, est un signal fort. En effet, l’homme, pendant qu’il était Premier ministre, s’est illustré par son intransigeance, son sens du devoir et de la responsabilité, sa loyauté… C’est cet homme- là que les Maliens ont voulu à la tête de leur pays afin qu’il l’aide à se sortir de la crise que certains hommes de peu de foi et de dignité, l’ont plongé depuis de longs mois.

Mais, ce que redoutent les Maliens, c’est la persévérance des hommes politiques, leur capacité à s’accommoder et à s’adapter. IBK est, certes, élu président de la République à cause de ses qualités de meneur d’hommes. Mais, avec qui devra-t-il diriger ? C’est là toute la question. En effet, on assiste à un envahissement du palais présidentiel par les mêmes qui avaient assiégé ATT le (forçant ?) au consensus politique dont on connaît maintenant les objectifs et surtout les limites. Combien d’électrons gravitent aujourd’hui autour d’IBK ? Et à quel dessein ? Ce qui permet à certains observateurs de la scène politique nationale de dire « qu’ils feront la même chose qu’ils ont faite à ATT ». Autrement dit, IBK dont on a pas oublié les origines (il est lui-même issue de la classe politique tant décriée aujourd’hui et leader d’un parti politique très moribond jusqu’à la veille des élections législatives) risque d’être pris au piège des partis politiques et en otage par la classe politique qu’il prétend tant connaître. Le consensus politique va-t-il revenir ? Le consensus politique va-t-il occulter le débat contradictoire à l’Assemblée nationale pour se transformer en « consensus alimentaire » ? IBK, comme ATT va-t-il convier ses « invités forcés » autour du gâteau présidentiel ? Est-il maître de son propre destin politique ? Maîtrise-t-il la situation ? Autant de questionnements dont la réponse permettra de savoir ou de comprendre si le changement voulu et prôné est bien en marche et qu’au gouvernail, il y a un seul homme nommé…IBK.

Sinaly

Le Pouce du 27 janvier 2014