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«… monsieur le président Moussa Traoré, El hadji Moussa Traoré, Général Moussa Traoré, votre présence ici aujourd’hui ne me surprend guère. Elle est le fait du grand républicain que vous êtes, mon général. On comprendra donc que mes hommages commencent par vous … », c’est la déclaration faite par le président IBK à l’ancien président Moussa Traoré, le jour de son investiture, provoquant un tollé. L’ADR- FDR hausse le ton : « Moussa Traoré a été un dictateur sanguinaire et non un Républicain ».

Après avoir chaleureusement félicité le nouveau président de la République pour son élection, l’ADR- FDR a suivi avec beaucoup d’attention la cérémonie de sa prestation de serment et la formation du premier Gouvernement de son Excellence Monsieur Oumar Tatam LY. « Respectueuse du sacrifice des martyrs, fidèle aux idéaux du 26 mars et attaché à la constitution du 25 février 1992, l’ADR-FDR a relevé avec consternation l’hommage que le président de la République a rendu l’ancien Président Moussa Traoré qui a déclaré sa détermination à attacher des couronnes de feu sur la tête de ceux qui revendiquaient la démocratie au Mali en 1990-1991. Joignant l’acte à la parole, le dictateur déchu a abattu une terrible répression sur le peuple malien.

Qualifier un tel homme de « grand républicain » est une insulte à la mémoire des martyrs de notre pays, à commencer par le père de la Nation, le Président Modibo Keita, mort empoisonné en mai 1977 après neuf années de réclusion dans plusieurs prisons à travers le pays », indique la branche politique du FDR dans un communiqué de presse rendu public. Comment peut-on considérer comme « grand républicain », un homme condamné à une peine afflictive et infamante? En effet, Double condamné à mort, l’ancien président a certes été gracié, mais n’a pas recouvré ses droits civiques, parce que n’ayant pas été amnistié, précise le communiqué.

« Aussi, un Président qui se dit de la réconciliation, ne doit-il pas rendre un vibrant hommage à tous ses prédécesseurs ? L’ADR- FDR quant à elle retient de celui qui a perpétré le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qu’il a été un grand prédateur de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme qu’aucune falsification de l’histoire ne saurait transformer », souligne le communiqué. L’ADR- FDR souhaite que le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita se ressaisisse de cette insulte aux idéaux du 26 mars le plus tôt possible.

B. Daou

12 Septembre 2013