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Le corps syndical de l’API-Mali s’apprête à aller en grève dans quelques jours, le directeur général, M. Moussa Touré livre ses impressions sur ce mécontentement des travailleurs…

« Il faut d’abord se rappeler d’où vient API-Mali qui est aujourd’hui à la fin d’un processus de restructuration.A mon arrivée en février 2015, la situation était catastrophique. Le personnel enregistrait 5 à 7 mois d’arriérés de salaire. Les activités étaient réduites à la simple création d’entreprises et il n’existait plus d’activités de promotion, ni de communication, ni encore moins d’accompagnement des investisseurs.

Les compétences ayant déserté le navire, il ne restait plus qu’une structure en crise et incapable d’assurer les missions qui lui étaient confiées. De plus, API-Mali avait mauvaise presse ! Nous avons donc décidé de faire un audit organisationnel et des ressources humaines dont les résultats ont été édifiants : sur 32 personnes évaluées, seulement 6 avaient les compétences requises pour occuper leurs postes.

Pour le reste, deux solutions s’imposaient : Soit ils étaient repositionnés à des postes inférieurs, pour ceux qui avaient quelques compétences, soit ils devaient être remerciés.

C’est dans cette optique qu’un plan de restructuration a été proposé au Conseil d’Administration en 2016 qui l’a amendé et validé. Le conseil a cependant demandé à la direction d’ouvrir un plan de départ volontaire pour ce qui souhaiteraient partir afin d’éviter des licenciements secs et un plan de repositionnement pour ceux qui étaient susceptibles d’être repositionnés avec possibilité d’une baisse de salaire.

Cette décision a été adoptée et acceptée par toutes les parties dont le représentant du personnel au conseil. Maintenant, dans l’application en cour des mesures, je peux comprendre quelques difficultés mais rien d’insurmontable. Le syndicat joue sa partition et c’est normal. Mais il doit respecter ses engagements, penser à l’intérêt général et non celui de quelques personnes. D’autant plus que la direction a consenti des efforts.

Les largesses du passé sont révolues et la bonne gouvernance est de retour. Les recrutements se font selon les besoins et les compétences. Cela n’a pas été toujours le cas. C’est pour cela que les syndicalistes qui font beaucoup de bruit se trouvent concernés eux-mêmes. Ils sont rattrapés par les mauvais résultats de leurs évaluations individuelles et tentent de remettre en cause l’ensemble du processus. Ils se comparent aux nouvelles recrues qui ont peut-être le même niveau de diplôme, mais ils assument des responsabilités bien plus importantes et délivrent plus.

En tout état de cause, nous ne faisons qu’appliquer les décisions du CA. Toutefois des discussions sont en cours et j’espère que le syndicat va savoir garder raison et revenir à de meilleurs sentiments d’autant plus que la direction à veiller à donner un certain nombre de garanties pour préserver l’intérêt du personnel.

Nous avons par exemple décidé de maintenir le niveau de salaire de l’employé qui serait concerné par un repositionnement. D’autres efforts ont été consentis mais quelques membres du syndicat semblent persister sur une position radicale. Néanmoins à l’impossible nul n’est tenu et la grève étant un droit, la direction le respectera. Nous gardons bon espoir de trouver ensemble une solution d’ici la date butoir. »

Mamainata Coulibaly

Bamako, le 19 Octobre 2018

©AFRIBONE