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Face à Dr. Etienne Fakaba Sissoko pour le 11e « Grand débat économique » sur la nature de l’économie malienne après crise, l’ancien Premier ministre Moussa Mara a avoué que le Mali ne dispose pas de politique économique.

Exprimant son regard sur l’économie malienne depuis la crise de 2012, l’ancien chef du gouvernement (2014-2015), Moussa Mara, sans détour, a reconnu que le Mali ne dispose pas de politique économique clairement définie et cohérente.
« Si vous suivez nos stratégies de développement, nos outils que nous concevons pour soutenir le développement économique de notre pays depuis ces vingt dernières années, vous verrez à peu près la même chose », a souligné M. Mara pour qualifier la gouvernance économique actuelle.

Or, pour M. Mara, une politique économique doit être d’abord une vision sous-tendue par un certain nombre d’éléments dont la cohérence est le plus important et entraîne une masse critique d’agents.
Il soulignera aussi que les politiques actuelles ne cessent de multiplier des idées, des programmes incohérents. « Il faudrait que l’économise soit mise au cœur de l’activité publique et politique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui », a-t-il déploré.

L’ancien locataire de la Primature s’est dit convaincu que la politique économique pour une stratégie économique doit être structurée autour d’un certains de constances.
Pour lui, une bonne politique économique doit se reposer en premier lieu sur une stabilité politique et institutionnelle avec un prolongement économique. « Il faut un système ou les agents économiques évoluent dans un cadre ou la justice assure l’équité entre eux et que le facteur judicaire ne soit pas discriminant et de rupture de la concurrence entre les agents économiques », proposera-t-il.

Comme second support économique, il préconise une machine administrative mue par la promotion de l’économie. « Nous avons l’impression au Mali, que nous n’avons pas une vision d’ensemble et de but commun que nous nous fixons, mais plutôt une superposition de structures qui vont chacune dans leurs sens », a-t-il martelé.

Il a aussi relevé la nécessité de politiques inspirées par des visions au niveau des autorités supérieures de l’Etat et qui se traduisent par des objectifs fixés à l’ensemble des composantes de la nation.
Et en dernier lieu, Moussa proposera la fixation des objectifs avec des indicateurs accompagnés de systèmes d’évaluation.

Oumar B. Sidibé

31 Octobre 2016