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A l’issue d’une visite au Canada où il représentait, du 7 au 17 octobre 2012, la Fédération nationale des sociétés et coopératives d’habitat du Mali (Fenascoh-Mali), Moussa Koné a été accueilli dans une ferveur populaire par ses militants à l’aéroport de Bamako-Sénou. Le président de la Fenascoh-Mali qui a pris part à Montréal à des colloques et diverses rencontres d’échanges sur les coopératives d’habitat nous livrent sa vision sur ce secteur auquel il compte insuffler une nouvelle dynamique.

Quel enseignement tirez-vous de votre voyage d’étude sur les coopératives d’habitat à Montréal ?

Moussa Koné : Il faut dire que 2012 a été proclamée année des coopératives par l’ONU. Le sommet international des coopératives d’habitat auquel nous avons pris part s’articulait autour du thème « Imaginons 2012 « . Nous avons participé à un stage de perfectionnement initié par nos amis de l’ONG partenaire And DEFAR. Ce stage s’articulait essentiellement sur le fonctionnement d’une coopérative de l’habitat. Nous avons fait une vision croisée entre les expériences québécoise et malienne en la matière.

Nous sommes sortis de ce sommet requinqués. Et je vous assure que la gestion des sociétés coopératives d’habitat ne sera plus comme par le passé au Mali. Les participants au sommet ont été unanimes à reconnaitre que le capitalisme pur et dur ne paye plus, que la course effrénée pour le profit ne suffisait plus. Nous avons estimé qu’il faut penser à d’autres alternatives qui concilient profit et œuvre sociale. Dans cette perspective, les coopératives ont un rôle très important à jouer.

L’alliance internationale des coopératives s’est engagée à organiser en 2013 un sommet international, sinon africain, en Afrique du sud. Ce sommet, s’il a lieu, fera l’inventaire du mouvement coopératif africain. Les Etats que ce soient africains, américains ou européens, doivent s’engager à partager les ressources ou les profits générés par le commerce international. Ce qui était réconfortant pour nous, représentants de pays africains. Ça fait déjà plusieurs années que nous nous battons pour faire comprendre la voie des coopératives. Tous les Etats sont interpellés. En fait, les politiques sociales doivent faire en sorte que les plus démunis et les couches aux revenus moyens puissent vivre dans ce que nous appelons un «monde meilleur».

Pensez-vous que cette expérience emmagasinée puisse servir le Mali ?

Au Canada, il y a deux visions. La première qui nous concerne au Mali, est l’accès à la propriété foncière et immobilière. La seconde est l’accès au logis. Là-bas, les coopératives sont organisées. Elles réalisent des logements qui sont publics. La gestion est donc collective. Malheureusement au Mali, chacun veut avoir son logement, son titre foncier.

Que comptez-vous faire des conclusions de ce sommet ?

Nous comptons tenter une expérience du genre canadien à Gouana II [quartier situé à la périphérie de Bamako, Ndlr]. Parmi les terres que nous y avons, nous comptons réserver au moins une vingtaine à une trentaine d’hectares à la construction de logements collectifs au nom des membres de nos coopératives. Je suis convaincu que cette initiative sera prolifique pour notre pays.

Nous avons tout un tas de documents que nous comptons exploiter très prochainement. Ce que je peux déjà assurer, c’est que le mouvement coopératif va révolutionner notre société et parvenir même à changer les rapports entre l’Etat et les citoyens. Il est important que les gouvernements s’engagent à changer leur mode de gestion.

Le 24 Octobre 2012

© AFRIBONE