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Le football malien a plus que jamais besoin d’aller vers le professionnalisme pour accéder à l’élite internationale. C’est ce qu’en pense Moussa Kéita dit Dougoutigui, entraîneur de l’AS Bakaridjan de Barouéli.

Entraîneur de l’AS Bakaridjan de Barouéli (ASBB) depuis bientôt trois saisons, Moussa Kéita, plus connu sous le sobriquet de Dougoutigui, ne manque pas d’ambitions pour son club de Ségou. Il a mené l’ASBB à la finale de la Coupe du Mali (2006-2007) après avoir laminé l’un des habitués au titre, le Stade malien de Bamako en demi-finale.

Le « Chef de Village » a aussi donné du fil à retordre au Djoliba en championnat national de D1. C’est ce coach, à l’avenir promoteur que nous avons rencontré. Dougoutigui nous parle de son club, de l’organisation des équipes nationales, des problèmes avant de dénoncer le manque de formation des entraîneurs par Malifoot.

« Aujourd’hui, le football malien a besoin d’un sang neuf. A cet effet, il faut que nos équipes sortent de l’amateurisme et se projettent dans le professionnalisme ». Ces propos de l’entraîneur de l’ASBB résument les maux de notre sport roi. En portant un œil critique sur les différentes formations mêmes les plus connues, le manque de moyens (matériels, financiers et même humains) crève les yeux.

Cela est dû à une mauvaise organisation des équipes. En ce sens que ce sont les présidents de club qui prennent les charges des équipes. « Je les félicite pour leur disponibilité. Mais, aujourd’hui, il faut un minimum d’organisation », tranche Dougoutigui.

« Il faut gérer les équipes comme une entreprise. Quand vous regardez les clubs européens, ils ont des sièges, des permanents et une comptabilité. En fin d’année, ils font un bilan pour voir ce qui est sorti, ce qu’ils ont gagné, en faisant des projections pour les années à venir. Ici, ce n’est pas le cas et ce n’est pas de cette façon qu’on peut avancer ».

A ses dires, ce n’est pas à la veille d’une rencontre qu’il faut chercher les moyens pour payer les primes des joueurs, payer le transport ou le carburant.

Toutefois, Moussa Kéita ne tarit pas d’éloge à l’endroit des dirigeants de son club qui, ne ménagent aucun effort pour que l’équipe se maintienne au sein de l’élite nationale et se faire un nom sur le plan international. « Ce sont des dirigeants ambitieux.

Nous ne manquons de rien : alimentation, transport, primes de match. Les joueurs ne peuvent pas se plaindre d’où notre résultat en 3 ans de première division. Nous voulons faire de l’ASBB un grand club, afin qu’il soit un pourvoyeur de joueurs pour la sélection nationale ». Pour lui, le Onze national est la vitrine du pays, et pour avoir des résultats, il nous faut des clubs forts. Les équipes doivent s’inscrire dans cette logique-là et contribuer au rayonnement du football malien.

L’ancien défenseur des Aigles du Mali qui a décidé d’apporter ce qu’il peut pour le développement du sport à travers un club qui, aujourd’hui fait peur aux grandes formations du pays, estime qu’aujourd’hui, le football est un enjeu national qui mobilise beaucoup de ressources et d’énergie, et il passionne évidement les foules. Selon le coach du 3e du championnat en cours (33 points), il y a beaucoup de choses à faire « si nous sommes bien organisés, on arrivera à de bons résultats ».

« Ça nous flatte de voir le Stade malien, le Djoliba, le Réal champions du Mali, mais pour aller où ? S’il faut dominer le championnat malien pour se faire éliminer dès les préliminaires ou les 16es de finale de la Ligue des champions, je pense que ça n’a pas beaucoup d’intérêt ».

Le Djoliba et le Stade malien, le Réal de Bamako ont été champions du Mali plusieurs fois, de même qu’ils ont gagné à maintes reprises la Coupe du Mali, mais « je pense qu’aujourd’hui il faut faire ses preuves ailleurs, surtout en Ligue des champions. Si dans le court terme nous ne remportons pas la Ligue des champions, nous devons au moins aller en quarts de finale ou en demi-finales ».

Amadou Sidibé

04 Juillet 2008