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Pour réduire le chômage et lutter contre la pauvreté dans notre pays, l’Association des innovateurs pour le conseil au développement (AICD) vient de soumettre au gouvernement une idée originale : le crédit salarial pour la promotion de l’emploi. La mise en place de ce programme, explique le président de l’Association Moussa Kané, devrait permettre la création de 2000 emplois permanents chaque année. Interview.

Les Echos : Pouvez-vous nous présenter votre association ?

Moussa Kané :
L’Association des innovateurs pour le conseil au développement, créée il y a quatre ans, est une association de réflexion et de proposition d’idées. Elle vise aussi à sensibiliser, contribuer au développement de notre pays à travers des recherches et en émettant des idées. J’excelle dans ce domaine depuis onze ans et mes efforts ont déjà été couronnés par un diplôme honorifique que m’a décerné une ONG américaine.


Les Echos : Et l’une de vos trouvailles est le crédit salarial pour la promotion de l’emploi…

M. K. :
Le crédit salarial pour la promotion de l’emploi (CSPE) est un programme quinquennal que nous voulons soumettre aux autorités et aux bonnes volontés. Il consiste à inciter l’employeur à employer le demandeur d’emploi tout en renforçant la capacité de son entreprise.

Les Echos : En quoi faisant ?

M. K. :
Nous proposons à l’Etat de monter de bons dossiers pour les présenter aux bailleurs de fonds. Si le fonds est disponible, on le confie soit à l’ANPE ou à l’Apej qui va identifier 2000 demandeurs d’emplois. Si ceux-ci doivent avoir 75 000 F CFA par mois, le programme doit demander 9 milliards pour couvrir la totalité des salaires de ces jeunes pendant 5 ans.

L’innovation ici est que le programme commence par le demandeur vers l’employeur. Parce que si vous commencez par le sens inverse, il y aura trop de magouilles, d’entreprises fictives. Par exemple, lorsque les 9 milliards sont logés à l’ANPE, les demandeurs s’y rendront avec des dossiers et ils seront enregistrés sous un numéro CSPE qu’on mentionne dans une lettre avec le montant total du salaire de 5 ans, 4,5 millions de F CFA. _ C’est avec ce document que le demandeur va se présenter dans une entreprise où il désire travailler.

Un enseignant, par exemple, se présente avec cette lettre dans une école privée. Ils établissent entre eux un contrat de travail de 5 ans renouvelable qui sera envoyé à l’ANPE. Celle-ci, après vérification, co-signe et débloque les 4,5 millions sous forme de prêts à l’établissement en question. Avec cet argent, l’établissement va renforcer ses capacités en construisant une nouvelle salle, confectionner des tables bancs et payer le salaire de l’enseignant en question. Le minimum dans une classe est 40 élèves. S’il paye chacun 7500 par mois, cela fera 300 000 F que l’enseignant va apporter à l’école. Celle-ci va donc rembourser l’ANPE en raison de 75 000 F par mois.

Une autre innovation de ce programme est l’assurance prime de chômage. Sur son salaire, l’employé va verser 1000 F par mois à l’assurance. Quand l’entreprise tombe en faillite, l’assurance va payer à l’employé le tiers de son salaire jusqu’à ce qu’il trouve un autre emploi. Et le fonds du programme sera garanti par le fonds Gari de l’Uémoa.

Les Echos : Quelle est la finalité de ce programme ?

M. K. :
Avec le remboursement mensuel, le programme va créer 40 emplois formels tous les mois. A la fin du programme, on aura 4000 emplois formels et des emplois indirects. Le fonds reste et il contribuera toujours à financer des demandeurs d’emplois. Nous avons déjà soumis l’idée à l’appréciation du gouvernement. Si nos autorités ont la bonne volonté de lutter contre le chômage, elles devront l’adopter. Si elles ne le font pas, je suis sûr que d’autres pays vont s’en accaparer. En tout cas, nous, on a fait notre travail.

Propos recueillis par
Sidiki Y. Dembélé

13 août 2007.